Que devient la Citoyenne Républicaine Révolutionnaire Claire Lacombe après la Révolution ?

Par Christelle Augris

The Miriam and Ira D. Wallach Division of Art, Prints and Photographs: Art & Architecture Collection, The New York Public Library. (1869). Liberte costume revolutionnaire. Paris. 1793-4. Estampe du temps, de la collec[tion] de l'auteur. Retrieved from https://digitalcollections.nypl.org/items/510d47e4-6833-a3d9-e040-e00a18064a99
"Liberté costume révolutionnaire. Paris. 1793 "

La Citoyenne Républicaine Révolutionnaire Claire Lacombe est une figure révolutionnaire féminine française qui survécut à la Révolution. Mais sa trace disparaît à Paris en 1798. Peut-on toutefois en apprendre plus la concernant après cette date ? Cet article après avoir rappelé succinctement ses faits révolutionnaires va tenter d’apporter quelques réponses.


La Révolutionnaire


1792


Au printemps 1792, Claire Lacombe, comédienne de province aux idées révolutionnaires, arrive de Toulon à Paris.[1] Elle habite alors dans un petit appartement avec une certaine Justine Thibault, à l’hôtel de Bretagne 43 rue Croix-des-Petits-Champs.[2]

Le 25 juillet 1792, « coiffée d’une guirlande de rose » et « d’un ton à la fois modeste & décidé » [3] en tant qu’artiste sans place elle lit une pétition à l’Assemblée législative demandant à servir pour défendre la patrie :


« (…) Ne pouvant venir au secour de ma patrie, que vous avez déclaré en danger, par des sacrifices pécuniaires, je viens lui faire hommage de ma personne. Née avec le courage d’une Romaine et la haine des tyrans, je me tiendrais heureuse de contribuer à leur destruction. Périsse jusqu’au dernier despote ! Intrigans, vils esclaves des Néron et des Caligula, puissé-je tous vous anéantir ! & vous mères de famille que je blâmerois de quitter vos enfans pour suivre mon exemple pendant que je ferai mon devoir en combattant les ennemis de la patrie, remplissez ; le vôtre en inculquant à vos enfans les sentimens que tout Français doit avoir en naissant l’amour de la liberté & l’horreur des despotes. Ne perdez jamais de vue que sans les vertus de Véturie, Rome auroit été privée du grand Coriolan (…) »[4]


Même si son intervention rencontre un écho, son discours étant imprimé et cité dans quelques journaux[5], elle reçoit une fin de non-recevoir sous un galant vous êtes « plus faite pour adoucir le cœur des tyrans que pour les combattre »[6]. Nous aurions pu penser à ce moment-là que ce n’était que le moyen d’une artiste sans contrat de se faire connaître. Mais, le 10 août, elle prouve ses paroles de juillet par ses actes, en participant à l’attaque de Tuileries où elle reçoit une blessure au poignet. Pour cette action, on lui attribue, le 19 août, un certificat et une couronne civique[7]. Le certificat indique « que par son courage et sa bravoure, autrefois peu commune aux autres personnes de son sexe elle a rallié les citoyens qu’un feu continuel mettait en déroute. »[8] Couronne qu’elle offre le 25 à la République[9] :


« Mademoiselle Lacombe avoit déjà promis à sa patrie le sacrifice de sa fortune et de ses jours. Elle est venue déposer sur l’autel de la patrie, une couronne civique. Cette couronne lui avoit été décernée pour les preuves de courage qu’elle a données le 10 du courant. Cette aimable citoyenne est admise aux honneurs de la séance sous les applaudissements[10].


Elle fréquente alors assidûment la société fraternelle des patriotes des deux sexes et le club des Jacobins. Le 3 avril 1793, à l’annonce de la trahison de Dumouriez, elle y propose qu’on prenne en otages les aristocrates et leurs familles.[11]


La Société des Citoyennes Républicaines Révolutionnaires


Le 10 mai 1793, la société des Citoyennes Républicaines Révolutionnaires est créée, Pauline Léon en est la première présidente. Face aux menaces extérieures et intérieures, elles demandent à être armées et à combattre. Elles sont détestées des brissotins et par leurs actions lors de la journée du 31 mai, elles contribuent à leur chute. Très vite, Claire Lacombe en est une membre dont l’importante influence se fait sentir à l’été 93,[12] elle en deviendra porte-parole et présidente. Elle est alors proche des idées de Marat et participe activement aux cérémonies d’hommage après son assassinat.[13] Puis, elle se rapproche des Enragés créant des dissensions au sein du club féminin ; certaines membres n’appréciant pas de se voir éloignées des Jacobins. Le 26 août, elle demande dans une pétition à la Convention la destitution de tous les nobles de l’armée.[14] Le 5 septembre, elle réclama l’épuration du gouvernement. Combattant pour la régulation des prix,[15] les Citoyennes Républicaines Révolutionnaires affrontent régulièrement les femmes des Halles, et suite à une affaire de bonnet phrygien, une rixe entre les deux groupes se produit en septembre 1793. Attaquée personnellement par les Jacobins le 16 septembre notamment pour sa défense du maire de Toulouse, et ses liens avec Leclerc,[16] Claire se défend vigoureusement, mais est toutefois arrêtée pendant vingt-quatre heures.[17] Le 7 octobre, à la tête des Citoyennes Républicaines Révolutionnaire, Claire Lacombe en tant que présidente justifie sa société, et se défend des calomnies portées contre elle. Elle réclame notamment la liberté de s’assembler.[18] Elle fait de même le lendemain à la tribune des Jacobins.[19]

Fin octobre 1793, la Convention interdit les clubs féminins. Elle perd alors de son importance politique. Les Enragés étant eux aussi muselés, elle se rapproche des Hébertistes.


Son emprisonnement


Hébert et ses partisans sont arrêtés dans la nuit du 13 au 14 mars 1794, et vont être jugés à partir du 21 puis exécutés le 24.

Claire Lacombe vient de signer un contrat daté du 14 mars, et demande le même jour un passeport pour Dunkerque[20].

Trouvant cela fort à propos et très suspect (les dates des contrats étant généralement signées à la semaine sainte), le 17 mars la citoyenne Julie Élisabeth Challa[21] la dénonce en l’accusant entre autres d’être l’amante de Mazuel arrêté en même temps qu’Hébert. Elle est donc elle-même mise sous les verrous le 3 avril 1794, tout comme peu après Pauline Léon dénoncée par la même Challa. Leclerc devenu l’époux de Pauline l’est aussi.[22] Thermidor la sauve certainement de la guillotine, mais comme radicale elle n’est toutefois pas encore libérée. Sans aucun procès, et malgré des demandes répétées de ses soutiens, elle est emprisonnée durant 16 mois, au Plessis puis à la prison du Luxembourg. Pour survivre, elle y tient une petite échoppe auprès de ses codétenus.[23] À sa libération le 18 août 1795 (1er fructidor an III) [24] à trente ans, elle reprend son métier. Pendant deux ans elle l’exerce à Nantes avant de revenir à Paris en 1798 où on la perd jusqu’ici définitivement.

Régulièrement des recherches furent effectuées comme celle-ci datant du 1er septembre 1901 :[25]


Définitivement ? Penchons-nous sur sa vie de comédienne pour tenter de trouver une piste.


La Comédienne


Ses débuts



Claire Lacombe est née à Pamiers dans l’Ariège le 4 mars 1765,[26] fille légitime de Bertrand Lacombe et Jeanne Marie Gauché.[27] Son père marchand originaire d’Arnaud-Guilhem (Haute-Garonne) était lui-même fils d’un tailleur.[28] Nous connaissons peu de choses sur sa famille, excepté un frère aîné né en 1764, et un cadet en 1767, baptisés comme elle en l’église Notre Dame du Camp.[29] Ce baptême en 1767 est la dernière trace de cette famille dans cette paroisse. Il faut attendre l’année 1785 et un document en espagnol pour retrouver la trace de Claire à Bilbao à cette date.[30]

À la différence de beaucoup d’autres comédiens et comédiennes de cette époque, elle n’est pas une enfant de la balle, mais il est certain qu' à 25 ans elle exerce ce métier. En effet, en 1790, comédienne à Marseille, elle habite un temps, rue Rameau au coin de la rue d’Alberta. Le témoignage du voyageur Gerhard Anton von Halem datant de septembre 1790 indique un passage à Lyon :


« Mlle Lacombe, actrice de Marseille, avait désiré débuter à Lyon dans Sémiramis, mais le directeur ne l’avait pas agréée. Le parterre réclama Mlle Lacombe à grand fracas et le tapage ne cessa que lorsque le directeur se présenta et donna satisfaction au parterre en consentant au début de la comédienne. »[31]


Passage à Lyon qui dut s’avérer être court, car le 18 juillet 1791, un dénommé Desrozier, certainement comédien y avait réceptionné pour elle une lettre de Mlle Valville.[32]

Puis comme indiqué au début de l’article, elle réside à Toulon pendant un an qu’elle quitte alors pour Paris. Marie Cerati écrira que, de par ses idées révolutionnaires, elle était mal aimée de ses collègues comédiens.

Lorsqu’elle est arrêtée en 1794, elle indique qu’elle a vécu à Paris de ses économies et de la vente de quelques effets, et sans jamais être montée sur scène voulant se consacrer à la Révolution. Est-ce la réalité ?


La comédienne parisienne de 1792/93


Il est annoncé le 16 novembre au Théâtre de la République rue Richelieu, la pièce Phèdre[33] ; et dans le Mercure Universel du 19 novembre le début de la « citoyenne Lacombe » dans ce rôle.


« Spectacle

Théâtre de la République

La citoyenne Lacombe vient de débuter par le rôle de Phèdre.

Elle a un beau physique, de l’entendu dans l’organe ;

elle paroit entendre la scène ».


Il faut d’abord rappeler qu’un système existait alors au théâtre où un comédien ou une comédienne se présentait sur scène pour un « premier début », voire un « second » et « troisième ». Le public l’agréait alors ou non et cela déterminait son engagement définitif au sein de la troupe. Cet entrefilet peut laisser sous-entendre que cette comédienne réussit ses débuts. Après recherche, Phèdre ne fut annoncée être jouée au théâtre de la République qu’une autre fois, le 4 janvier 1793.[34]

Dans un article de 1803, mention est faite des comédiens du théâtre de la République en 1793, et une Lacombe y est indiquée. S’il s’avère que c’est elle, elle n’a pas dû jouer beaucoup de rôles, car aucune autre trace de passage sur les planches n’a pour l’instant été trouvée dans les journaux de l’époque.


Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres,

30 juillet 1803


Durant la Révolution, la Comédie-Française est rebaptisée le Théâtre de la Nation ; mais des tensions existent parmi les comédiens entre les révolutionnaires dits les rouges, et les modérés voir royalistes dits les noirs. En 1791, les rouges avec Talma fondent le Théâtre de la République. Les acteurs du théâtre de la Nation furent emprisonnés pour idée contre-révolutionnaire en septembre 1793.[35]


Claire Lacombe et ses relations avec le théâtre durant la période révolutionnaire


Nous ne savons pas si Claire Lacombe est bien « la citoyenne Lacombe » interprétant Phèdre, même si lorsqu’elle fut dénoncée par la citoyenne Challa celle-ci indiqua que « la citoyenne Lacombe, comédienne avant la Révolution, état qu'elle n'a cessé de professer depuis cette époque. »[36]

En revanche, nous savons qu’en avril 1793 Claire reçoit un avantageux contrat d’une compagnie d’acteurs de Mayence lui promettant trois mille livres par an pour jouer les « premiers rôles tragiques et comiques ». Certainement, à la vue de la situation de la ville s’apprêtant à être assiégée par les armées de la Coalition, elle préfère rester à Paris.[37]

C’est à cette période que la célèbre Montansier, qui fut sous Louis XVI « directrice des Spectacles à la suite de la Cour », avec sa troupe de comédiens avait suivi l’armée de Dumouriez. Avec le repli des troupes françaises, elle venait de rentrer précipitamment à Paris. Cette tournée de la Montansier avait pour but de redorer son blason révolutionnaire, qui avouons-le était assez terne. Claire, peu dupe, déclare le 26 juin à la séance des Jacobins : [38]


« Républicains, ayant appris que demain Mlle Montansier doit se présenter à la convention pour demander une indemnité de 200 000 pour un voyage qu’elle a fait à Bruxelles, afin prétend-elle, d’y prêcher la révolution ; elle se flatte d’être appuyée des membres de la montagne. La société nous a député afin de vous prévenir, car il est bon que vous sachiez que, quand cette femme a été envoyée à Bruxelles par Roland, sans doute pour y prêcher la contre-révolution, elle a reçu du gouvernement 600 mille liv. Sans examiner quel est le prétendu succès de sa démarche, nous la croyons assez payée pour cette somme et nous espérons que vous voudrez bien prendre ma demande en considérations. »



Voici ce que l’on peut écrire sur les relations de Claire Lacombe avec le théâtre durant la Révolution. Son emprisonnement eut-il un impact sur sa carrière ?


Contrat à Nantes après sa libération


À sa libération en août 1795 à trente ans, Claire reprend difficilement son métier.[39] Le 4 janvier 1796 (14 nivôse an IV), elle signe un contrat pour monter sur la scène nantaise durant l’année théâtrale de 1796/1797 pour un émolument de 183 livres par mois.[40] Elle interprète dans la salle de grand spectacle du grand théâtre de la ville[41] les rôles de « reines, mères nobles et grandes coquettes ». Le Marchand Danglas prend la direction du théâtre le 13 mai 1796 (24 floréal an IV). Mais lors du troisième acte de l’opéra Zémire et Azor, un incendie qui fait sept victimes ravage le théâtre dans la nuit du 24 août 1796 (7 fructidor an IV). Le 4 septembre (8 fructidor) l'amie parisienne de Claire, Justine Thibault, lui enjoint de revenir dans la capitale étant prête à payer les frais de retour.[42] À Nantes, après cet incendie, l’ancienne salle de spectacle du Chapeau Rouge réouvre ses portes.[43] Le directeur Danglas et sa troupe s’y installent. Le 27 janvier 1797 (8 pluviôse an V), Lacombe y provoque un esclandre face à l’administrateur Fourmy notamment sur les conditions des comédiens. À la vue de son caractère et de son talent, il n’ose riposter. Elle obtient gain de cause, car la municipalité fait installer des loges pour les comédiens.[44]


« A cette époque, la rue Boileau n’existait pas. On ne pouvait donc parvenir à la salle du Chapeau-Rouge que par la rue de ce nom et par la rue du Calvaire, que l’on fit paver pour la circonstance. Cette dernière rue communiquait avec la grande cour du Chapeau-Rouge par un passage placé à côté du cirque qui attenait à la salle de spectacle. La Ville, le 25 frimaire, arrêta qu’il serait perçu un décime par personne, en sus du prix de chaque billet d’entrée, pour secourir les indigents qui n’étaient pas dans un hospice. Le 8 pluviôse, une scène scandaleuse qui est longuement racontée dans les Archives municipales, eut lieu à la salle du Chapeau-Rouge. Une actrice la citoyenne Lacombe, s’était placée, malgré la défense faite, dans l’orchestre. Le commissaire de service voulut la faire sortir, mais elle persista à rester. Ayant aperçu le citoyen Fourmy, administrateur, dans la loge municipale, elle vint l’y trouver et lui fit une scène des plus inconvenantes, disant qu’il n’y avait qu’à Nantes qu’on s’étudiait à avilir les artistes. Elle parlait à voix haute et ne tarda pas à ameuter la salle. Enfin elle quitta la loge et alla se remettre à l’orchestre. Fourmy n’osa pas la faire expulser, craignant : « que cette femme, extrême en les passions, n’effectuât la menace qu’elle avait faite, d’abandonner le spectacle, où elle montre des talents qui balancent peut-être ses défauts, la font chérir et la rendent intéressante. » Pour éviter le retour de pareilles scènes, la municipalité arrêta : « qu’il demeurait expressément défendu à toute autre personne que les musiciens de se placer dans l’orchestre, et enjoignit au citoyen Danglas, directeur, de veiller à son exécution, sous sa responsabilité personnelle... de mettre à la disposition des artistes une loge ou deux de chaque côté de l’orchestre, étant de toute justice qu’ils ne soient pas privés de la vue du spectacle. »


Claire renouvelle son contrat le 9 avril 1797 (20 germinal an V) avec Danglas (alors indiqué directeur du grand théâtre de la République).[45] Elle est alors en couple avec un dénommé Gabriel Defoy (ou de Foye), acteur spécialisé dans les rôles comiques[46]. Mais, ruiné, le directeur Danglas s’enfuit durant l’automne 1797 (vendémiaire an VI) et les artistes se réunissent en société pour poursuivre la saison. Julien-Sévin, directeur de la troupe concurrente du Bignon-Lestard, s’associe avec la troupe du Chapeau-Rouge et prend la tête de la société des artistes. Mais tous les comédiens ne sont pas retenus créant une animosité entre eux, la situation de la scène française était fort difficile en cette période, et à Nantes tout particulièrement.[47] Claire s’endette, au point que le 31 décembre 1797, le lieutenant général Souple lui réclame 36 livres en numéraires sous peine de poursuite. [48]


Retour à Paris


À la fin de leur seconde saison, Claire et Gabriel rentrent à Paris le 1er juin 1798.[49] Le même 1er juin, Charles-Barnabé Sageret, qui dirige aussi le théâtre Feydeau et celui de la République, entre en fonction comme directeur du théâtre de l’Odéon. Son souhait est de réunir les trois théâtres et de reconstituer la troupe des Comédiens français. Claire y eut-elle un engagement ?Toutefois, vu le rythme effréné des représentations, les comédiens et comédiennes se révoltent mi-janvier 1799. Le 18 mars de la même année, le théâtre de l’Odéon brûle. La situation des comédiens et comédiennes de cette période déjà bien précaire s’aggrave. « Le Courrier des Spectacles » pourtant fort disert sur les comédiens et comédiennes jouant sur les planches parisiennes en 1798 et 1799 ne mentionne aucune Lacombe.

Nous savons, qu’à leur arrivée à Paris Claire et Gabriel logent un temps, maison de Bretagne au 88 rue André les arts. Mais n’ayant pu payer leurs frais d’hébergement s’élevant à 386 livres 5 sols, la logeuse Marie Hélène Thevenot, veuve Lemit [50] refuse que l’on retire leurs malles. Après négociations, celle de Gabriel peut l’être le 15 mai suivant. Celle de Claire contenant de nombreux souvenirs est maintenue sous scellés, et ne sera jamais récupérée.[51]



Espoir d’une troupe en Égypte


Et donc, la trace de Claire Lacombe disparaissait jusque-là avec la mise sous séquestre de sa malle. Mais, grâce à la numérisation et la mise en ligne de nombreux documents d’époque, ainsi que d’articles, de nouvelles pistes s’offrent à nous.


Sur Gallica, dans un vieil ouvrage de 1912 intitulé « Napoléon et le monde dramatique »,[52] il y est indiqué qu’en décembre 1799, la « citoyenne Lacombe, premiers rôles tragiques et comiques, reines et mères nobles » postule pour un projet de troupe de comédiens devant se représenter devant les armées en Égypte.

Cette piste est confirmée, grâce à un article de Philippe Bourdin « Divertissement et acculturation en temps de campagne. Le théâtre français en Égypte ». En effet il indique que le 5 décembre 1799 (14 frimaire an VIII) « La citoyenne Lacombe est prête à endosser les premiers rôles tragiques et comiques, les reines et mères nobles, son compagnon, Gabriel[53], les premiers ou, au besoin, les seconds comiques dans l’opéra et le vaudeville ».[54]


Mais les circonstances militaires et politiques firent que la troupe ne se créa pas et tous les postulants reçurent ce courrier début nivôse :


« Citoyen,

J’ai reçu le mémoire dans lequel vous demandez à faire partie de la société d’artistes dramatiques qui doivent passer en Égypte. Je vous préviens que le Gouvernement renonce quant à présent, à cette opération.

Recevez mes salutations fraternelles

Mahérault »[55]


Notre Claire Lacombe, compagne d’un Gabriel, offre d’évidentes ressemblances (si ce n'est plus) avec celle qui postule pour l’Égypte. Ce serait vers cette période que les chemins de Claire Lacombe et de Gabriel semblent pourtant se séparer. Gabriel exerce alors son métier en tant que 1er comique à Angers en 1800, Rouen en 1801, Caen en 1803, Liège en 1805, et nouveau à Rouen en 1812.[56] On peut peut-être ajouter le théâtre de la Cité à Paris en 1802, si on se réfère à deux articles du « Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres » dont celui du 2 septembre 1802 indiquant concernant la première représentation de la pièce « l’hôtelier de Toulouse » :

« Le rôle de Carlin extrêmement long est joué avec intelligence par le cit. Gabriel, comique fort estimé, et qui en mettant plus de chaleur dans son débit et dans son jeu, acquéreroit de nouveaux droits à la réputation dont il jouit. »[57]


Théâtre du Marais


Et que devient Claire Lacombe ? Est-elle toujours comédienne ?

Le 2 juillet 1801 (13 messidor an IX), dans la « Gazette Nationale ou le Moniteur Universel de Paris », il est indiqué qu’au théâtre du Marais, une « Mlle Lacombe fera son second début par le rôle de la Femme Jalouse. »[58]


Puis dans le « journal de Paris » du 4 juillet, il est annoncé que le lendemain au théâtre du Marais,[59] une dénommée Mme Lacombe fera son 3eme début par Clytemnestre dans la pièce « Iphigénie en Aulide »[60].




Rappelons qu’un début d’un comédien ou d’une comédienne est un moyen pour savoir la suite de sa carrière au sein de la troupe. Il lui est demandé de présenter des registres différents pour qu’il puisse être jugé sur l’étendue de sa palette d’artiste. À cette période, Claire Lacombe tenait notamment les rôles de « Reines, mères nobles », celui de Clytemnestre mère d’Iphigénie lui correspond donc.


Si on part de l’hypothèse que la citoyenne Lacombe effectuant ses débuts au Théâtre de la République en 1792, ces second puis troisième débuts en l’espace de quelques jours de Mademoiselle, puis Madame Lacombe pourraient affirmer que c’est la même comédienne. Le dictionnaire des comédiens de 1932 d’Henry Lyonnet, fait également ce rapprochement :


« Lacombe -Sous ce nom : Mlle Lacombe, Th. De la République 1793, en représentation au Th. Du Marais 1802 ; (…).»[61]


Plusieurs articles historiques du théâtre du Marais donnent quelques détails supplémentaires, les voici :

Dans le tome 10 du « Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique »[62] datant de 1866 :


« En l’an VI, un entrepreneur nommé Chamin voulut rouvrir ce théâtre, mais son essai ne fut pas de longue durée. Dans le cours de l’an VIII, la troupe du théâtre Molière s’étant démembrée, les artistes qui en formaient le personnel non chantant se réunirent en société à celui du Marais, auquel, ils rendirent un peu de vie ; ils ne jouaient d’abord que la tragédie, la comédie, le drame, et un peu de vaudeville ; mais bientôt à ces genres déjà si divers ils joignirent la Pantomime dialoguée et même l’opéra-comique. Parmi eux, on distinguait l’excellent Moessard, qui eut tant de succès plus tard au boulevard ; Chazel, Dolainville, Mme Lacombe et Mlle Courcelles.. En l’an X, ces artistes retournèrent au théâtre Molière, et celui du Marais fut de nouveau fermé. À partir de ce moment, son existence devient tout à fait fantasque, et il est impossible de la retracer avec quelque apparence d’exactitude. »


Dans le Dictionnaire des dictionnaires : lettres, sciences, arts, Volume 5 de Guérin de 1892[63] :


« C’est en vain qu’un entrepreneur du nom de Chamin chercha à le rouvrir en l’an VI ; son essai ne réussit pas. Quelques artistes comme Moessard, Chazel, Mme Lacombe lui rendirent momentanément un peu de vie en l’an X, mais il fut obligé de fermer définitivement en 1807. »

Dans l’ouvrage de Max Aghion "Le théâtre à Paris au 18e siècle » :


« La salle de la rue Culture Sainte-Catherine resta fermée jusqu’en l’an VI. Un citoyen nommé Chamin reprit alors le Théâtre du Marais, mais son entreprise établie sur des bases peu solides, ne put se soutenir et il y renonça au bout de quelques mois. En l’an VII la troupe du Théâtre Molière se joignit aux comédiens abandonnés par Chamin. Ces artistes ayant formé une société prirent à bail le local de la rue Culture Sainte-Catherine. Les vedettes de la nouvelle troupe (qui jouait un peu de tout : comédie, vaudeville, pantomime, drame, opéra), étaient Moessard, Chazel, Dolainval, Mme Lacombe et Mlle Courcelles. Hélas cet essai ne fut pas plus heureux que les précédents et, après cinq ou six mois d’efforts infructueux, Moessard et sa société retournaient au Théâtre Molière. Notons, toujours en 1799, le passage au Marais des acteurs français de l’Odéon sans abri à la suite de l’incendie de l’Opéra. Après avoir pérégriné successivement au Théâtre Louvois et au Théâtre des Arts ils jouent le 13 et le 16 avril rue Culture Ste-Catherine. A partir de ce moment le Théâtre du Marais passe de mains en mains ; ouvert et fermé dix fois il ne devait plus jamais connaître de succès durable. Vers 1805, c’était un nommé Guyard, propriétaire du petit Théâtre du Boudoir des Muses, rue Vieille du Temple, qui en était le directeur. Le décret de 1807 amena sa clôture définitive. »[64]


Ces trois ouvrages semblent se référer à une même source qui n’est pas encore identifiée.


La vie des comédiens et des comédiennes en cette période était quasi une vie de misère, comme l’indique le texte suivant concernant le théâtre du Marais :


« A partir de cette année (1795), ce spectacle n’aura aucune physionomie particulière ; il jouera pêle-mêle tous les genres ; tous les comédiens de Paris et beaucoup de province y défileront comme dans une lanterne magique, mais pas un directeur n’y fixera la fortune. Pour peindre l’état de misère dans lequel était tombé le plus grand nombre de spectacles de Paris, en 1805, il suffira de dire que tous les acteurs, les actrices, les fournisseurs, les ouvreuses de loges, les garçons de théâtre se révoltaient tous les jours ; personne n’était payé. J’ai entendu de pauvres comédiens dirent devant moi : » Nous ne jouerons pas dimanche, si nous n’avons point d’argent ce soir. » J’en ai vu qui recevaient trois francs, quarante sous, vingt sous même, à compter sur un mois d’approvisionnent. Pauvres gens !.. c’était pitié de les voir !.. mais il fallait bien vivre »[65]


Ce sont les derniers éléments trouvés, concernant la comédienne Lacombe. Ses débuts ne furent-ils pas réussis ? Ou l’échec de la tentative de cette troupe de relever le théâtre du Marais eut raison de sa carrière parisienne ? Ou simplement, n’interpréta-t-elle alors que des rôles secondaires n’ayant pas la faveur des journaux ? Il est vrai que ces derniers font les yeux doux aux deux nouvelles étoiles que sont Mesdemoiselles George et Duchesnois. [66]


Doit-on considérer comme piste le fait que « Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres » du 12 novembre 1805 annonce :


« C’est aujourd’hui mardi que les acteurs du Théâtre de la Porte St.-Martin donnent sur celui du Marais une représentation au bénéfice de M. Gabriel, qui joue avec succès l’emploi des comiques dans la province. Des circonstances imprévues ont retardé jusqu’à ce jour cet acte de bienfaisance qui honore les Comédiens du Théâtre de la Porte St.-Martin » ?[67]


Les seules indications dans les journaux de la fin du Consulat et du début de l’Empire concernant une Lacombe est une élève du Conservatoire de Musique[68] qui se produira en tant que telle en 1804, puis comme chanteuse à partir de 1806 et jusqu’au moins 1810, à l’académie Impériale de Musique. Il se trouve dans le dossier de l’administration générale de l’Opéra et du Théâtre-Italien[69] une demande de congés pour l’année 1821 qui émane d’une « Mlle Lacombe. »[70] Cela doit très certainement concerner la chanteuse.


Par contre, cette Lacombe comédienne au théâtre de la République en 1792 et au théâtre du Marais en 1801 est-elle Claire Lacombe ? Aucune preuve définitive, mais c’est une très bonne piste. Peut-on lire alors sous un autre jour la remarque qui fut faite à Claire lorsqu’elle demanda un passeport au printemps 1794 ? On lui demanda de ne point jouer les rôles de reines et d’impératrices. Peut-on y voir une référence à celui de Phèdre interprété par la comédienne Lacombe au théâtre de la République ?


Feuille du Salut public du 16 mars 1794


Toutefois, pour être honnête, notons qu’Henry Lyonnet auteur du dictionnaire des comédiens cité précédemment, écrivit dans la « Revue française » plusieurs articles sur les comédiennes révolutionnaires dont un assez bien documenté sur Claire Lacombe. Aucun rapprochement n’y est fait avec la comédienne du théâtre de la République.[71]


Son décès


Comme Claire était revenue à Paris, peut-être y est-elle décédée ? Même si elle n’est pas indiquée dans les registres reconstitués de l’état civil, une dernière solution de recherche se dessine, mais qui s’avère longue et fastidieuse : la consultation des tables de décès établies pour chaque bureau de l'Enregistrement.

Après près de quatre-vingt-dix registres dépouillés (ayant permis de remarquer qu’à cette période le patronyme Lacombe n’est pas si fréquent à Paris), une Claire Lacombe célibataire est notée décédée à la Salpêtrière[72] le 2 mai 1826 à l’âge de 60 ans.[73] Cela la ferait naître vers 1766 au lieu de 1765 date de naissance de l’Ariégeoise. Cette erreur est assez fréquente concernant les âges dans un acte de décès. Pour éviter toutes contestations concernant une homonyme, la consultation des tables fut effectuée jusqu’en 1830, aucune autre Claire Lacombe ne fut trouvée.



En l’état actuel des recherches, peut-on affirmer catégoriquement que cette Claire Lacombe décédée à la Salpêtrière à soixante ans en 1826 soit bien notre Citoyenne Républicaine Révolutionnaire ? La confirmation pourrait se trouver dans les registres des patients.[74] Ils indiqueraient certainement la raison de son séjour sur place. Il y a peu de temps encore, ils furent mis en ligne, mais à la date de l’écriture de cet article, ce n’est plus le cas. Il faudrait pouvoir donc effectuer des recherches sur place.

Pour information, à l’époque de ce décès, la Salpétrière était un hospice de 11 529 personnes dirigé par le professeur Pinel [75] qui accueillait notamment les femmes âgées, infirmes et celles atteintes de pathologies mentales (entre 1815 et 1820, 2641 aliénées y étaient entrées).[76]

Concluons cet article, souhaitons-le provisoirement, par un espoir, celui que peut-être, bientôt, il pourra être indiqué concernant notre Républicaine Révolutionnaire : Claire Lacombe (1765-1826)

Un étudiant en histoire, un spécialiste du théâtre français, un érudit… lors de recherches trouvera peut-être mention dans des archives d’une Lacombe comédienne, et permettra d’en découvrir un peu plus sur la vie post Révolution de Claire.


Prochainement, j'écrirai un article sur le passage à Nantes de Claire Lacombe.


Suite de l'enquête ici :

La révolutionnaire Claire Lacombe est décédée en 1826.


Bibliographie succincte

Alphonse Aulard « Le féminisme pendant la Révolution… Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Rose Lacombe » 1898

Philippe Bourdin « Aux origines du théâtre patriotique » 2017 CNRS

Marie Cerati « Le club des citoyennes républicaines révolutionnaires » 1966 éditions sociales

Dominique Godineau « Citoyennes tricoteuses » Perrin 2004

Claude Guillon « Robespierre, les femmes et la Révolution » Imho 2021

Claude Guillon « Notre patience est à bout, 1792-1793, les écrits des Enragé.e .s » Imho 2021


[1] Elle avait reçu une attestation de bonne vie et mœurs établie par la ville le 30 mars 1792 ainsi qu’un passeport cité notamment par Marie Cerati. « Le club des citoyennes républicaines révolutionnaires » 1966 éditions sociales [2] Rapport fait par la citoyenne Lacombe à la Société des Républicaines révolutionnaires, de ce qui s'est passé le 16 septembre à la Société des Jacobins, concernant celle des Républicaines révolutionnaires... et les dénonciations faites contre la citoyenne Lacombe personnellement https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42527p, il y est indiqué : « l ’Hôtel de Bretagne, rue Croix des petits Champs, ou j’ai logé pendant 22 Mois .» [3] « Le Courrier des LXXXIII départemens » 27 juillet 1792 Retronews [4]« Discours prononcé à la barre de l’Assemblée nationale, par Madame Lacombe, le 25 juillet 1792, l’an 4e de la liberté « ([Reprod.]) / impr. par ordre de l’Assemblée nationale https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425192 [5] « Le Journal de Paris » du 27 juillet 1792 Retronews [6] Citée notamment par Eve-Marie Lampron « «La citoyenne charmante et désarmante : Une perspective d’« action » politique féminine pendant la Révolution française » http://rousseaustudies.free.fr/articlecitoyennecharmante.html [7] « Gazette nationale ou le Moniteur universel » 3 septembre 1792 Retronews : « Les fédérés viennent de décerner des couronnes civiques à Mlles Lacombe Théroigne et Reine-Audu, qui se sont distinguées par leur courage dans la journée du 10 août. » Ce sera Mazuel qui lui délivrera le certificat. Pour ses relations avec ce dernier, à lire de Claude Guillon « Robespierre, les femmes et la Révolution - Éditions IMHO 2021 [8] Marie Cerati Ibid. [9] « Journal des débats et des décrets » du 25 août 1792 : « Mademoiselle Lacombe s’est présentée à la barre et a dit Messieurs, es fédérés des 83 départemens m’ont honorée ce matin d’une couronne civique, d’une ceinture nationale et du certificat qui atteste qu’à la journée du 10, je n’ai rien négligé pour faire triompher la liberté et l égalité. Je conserve la ceinture et l’honorable certificat. Je viens offrir à l’assemblée nationale l’hommage de la couronne civique qu’elle a si bien méritée par le courage, la sagesse et le patriotisme qu’elle a démontrés pendant ces grands périls. Je m’estime heureuse d’être la première à acquitter ce que tout bon français, ami de la patrie, doit à ses législateurs. /Mademoiselle Lacombe a déposé sur le bureau la couronne civique, et a reçu, au milieu des plus vifs applaudissemets, les honneurs de la séance.  » [10] « Le Courrier des LXXXIII départemens »27 août 1792 Retronews [11] F.-A. Aulard « La Société des Jacobins : recueil de documents pour l’histoire du club des Jacobins de Paris » Tome 5 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56964717 (p 123)/ « Nouvelles politiques, nationales et étrangères » du 5 avril 1793 :« La citoyenne Lacombe qui, dans la mémorable journée du 10 août fit mordre la poussière a quatre satellites du tyran, se présente à la barre, & propose, entre’ autres mesures, de brûler les femmes & les enfans des traitres é conspirateurs. Quelle Femme ! » [12] La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris. Tome 5 / par F.-A. Aulard https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56964717 Séance du dimanche 18 août 1793- Présidence de Maximilien Robespierre [La citoyenne Lacombe, à la tête d’une députation des républicaines révolutionnaires, vient d’annoncer que les citoyennes révolutionnaires vont s’occuper du salut public, comme les Jacobins. On applaudit.].] [13] Claude Guillon «  Notre patience est à bout, 1792-1793, les écrits des Enragé.e.s  » Imho 2021 [14] Réimpression de l'ancien Moniteur : Convention nationale séance du 26 aout 1793 Google book (p 503) [15] A Mathiez «  La révolution et les subsistances. La fin des Enragées  ». Annales Révolutionnaires, 15(2), 89-112. [16] La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris. Tome 5 / par F.-A. Aulard https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56964717 (p406) séances du 16 et 17 septembre (pp 406 à 40) Rapport fait par la citoyenne Lacombe à la Société des Républicaines révolutionnaires, de ce qui s'est passé le 16 septembre à la Société des Jacobins, concernant celle des Républicaines révolutionnaires... et les dénonciations faites contre la citoyenne Lacombe personnellement https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42527p «  Journal des hommes libres de tous les pays, ou le Républicain » du 18 septembre 1793 et le « Républicain  » du 19 [17] Ce dont se félicite la « Feuille du salut public » du 24 septembre 1793 : «  La femme ou la fille Lacombe est enfin en prison, et hors d’état de nuire ; cette bacchante contre-révolutionnaire ne boit plus que de l'eau ; on sait qu’elle aimoit beaucoup le vin ; qu’elle n’aimoit pas moins la table et les hommes, témoin la fraternité intime qui régnait entre elle, Jacques Roux, Leclerc, et compagnie, etc. » [18] Annales patriotiques et littéraires de la France, et affaires politiques de l’Europe, 8 octobre 1793/ Journal des débats et des décrets, 7 octobre 1793 Le Républicain français, 8 octobre 1793 [19] La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris. Tome 5 / par F.-A. Aulard https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56964717 [20] Feuille du salut public, 16 mars 1794 : «  Commune de Paris, Séance du 24 ventôse, La citoyenne Lacombe, actrice, demande un passe-port pour aller jouer la comédie dans une ville des départemens. N y jouez point des rôles de reines ni d'impératrices, lui dit-on. Il n y en a plus, répond-elle. Le conseil applaudit et lui accorde le passe-port  » [21] Déclaration de Challa devant un juge du Tribunal révolutionnaire, le 27 ventôse an II ; AN : W 77, n° 7. Mentionné dans le répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française. Tome 10 / par Alexandre Tuetey https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5819050w (p596) [22] Claude Guillon «  Notre patience est à bout, 1792-1793, les écrits des Enragé.e .s » Imho 2021 [23] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k41182g/f44.item.r=lacombe [24] AN Police générale F/ 7 /4756 (police générale Série alphabétique des dossiers du Comité de Sûreté Générale. Laci-Lacu. [25] «  L’Écho du public : informations universelles par les lecteurs eux-mêmes » p 1141 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5606162r/f2.item [26] Archives de l’Ariège, registres paroissiaux de Pamiers - Paroisse Notre-Dame-du-Camp. Baptêmes. Mariages. Sépultures 1NUM3/5MI5451757-1767 p 220 [27]Ses parents se sont mariés à la paroisse de Notre Dame du Camp à Pamiers le 12 avril 1763, sa mère est fille de Pierre et Marie Anne Andrieu de la paroisse de la Cathédrale. Archives de l’Ariège, registres paroissiaux de Pamiers Paroisse Notre-Dame-du-Camp. Baptêmes. Mariages. Sépultures 1NUM3/5MI545 - 1757-1767 p 183 [28]Bertrand Lacombe est fils de Jean d’Arnaud-Guilhem et Marie Labatut (et non Labatet) - Archives de Haute Garonne registres paroissiaux d’Arnaud-Guilhem. [29] Archives de l’Ariège, registres paroissiaux de Pamiers - Paroisse Notre-Dame-du-Camp. Baptêmes. Mariages. Sépultures 1NUM3/5MI545 - 1757-1767. P 220, naissance de Jean Fabien, le 19 janvier, baptisé le lendemain, le parrain est un Jean Pierre Lacombe et la marraine Maria Anne Andrieu qui ne savent signer (p 199) ; baptême de Bertrand le 11 août 1767, le parrain est Bertrand Ritte (?) et la marraine, demoiselle Marguerite Castex en Foy (p 256). Plus aucunes traces de cette famille dans cette paroisse après ce dernier baptême. [30] Acte officiel accompagnant la traduction en espagnol de son acte de baptême. Je remercie vivement Claude Guillon de me l’avoir communiqué. [31] Gerhard Anton von Halem « Paris en 1790 : voyage de Halem », traduction de Arthur Choquet Paris, 1896 p. 174 [32] Desroziers lui adresse de Lyon une lettre de Mlle Valville qui la croyait encore avec lui. L’adresse est la suivante : «  Mlle Lacombe, comédienne, rue Rameau, au coin de celle d’Albertas n° 1.  » Selon M Fuchs dans «  La vie théâtrale en Province Lexique des troupes de comédiens au XVIIIe siècle » 1933, il semble y avoir plusieurs actrices portant le patronyme de Valville, dont une avérée à Lyon en 1781, 1783-1786. / concernant Desroziers, cela semble être le comédien Nicolas Duval ayant pris comme nom de scène Armand Desroziers en correspondance avec Collot D’Herbois dans les années 1770 « quelques lettres inédites de Collot d'Herbois » par A Preux -Mémoires de la société impériale d'agriculture de sciences et arts séant à Douai https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55053491 [33] « Gazette nationale ou le Moniteur universel » du 16 novembre 1792 Retronews [34] « Mercure universel » 31 janvier 1793 / « Le Républicain français, » 31 janvier 1793 Retronews [35] Philippe Bourdin « Aux origines du théâtre patriotique » 2017 CNRS/ [36] Déclaration de Challa devant un juge du Tribunal révolutionnaire, le 27 ventôse an II ; AN : W 77, n° 7. Mentionné dans le répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française. Tome 10 / par Alexandre Tuetey https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5819050w (p596) [37] Dominique Godineau «  Citoyennes tricoteuses  » Perrin 2004 [38] «  Journal des débats de la Société des amis de la Constitution, séante aux Jacobins à Paris  » p 2 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1061264r [39] Philippe Bourdin «  Artistes dramatiques en Révolution. Contraintes et choix sociaux et politiques. Siècles, Centre d’Histoire ”Espaces et Cultures » 2018, Reconversions et migrations professionnelles. Le monde des musiciens et des comédiens à l’heure de la Révolution et de l’Empire https://hal.uca.fr/hal-01865526: (…)L’investissement militant est pourtant un risque permanent, financier sans doute, politique plus évidemment. Il augmente à l’aune des résistances à la Révolution, des dénonciations – auxquelles s’emploient des journaux comme la Feuille de Salut public, qui dit toute son hostilité, le 21 septembre 1793, à Larive ou aux directeurs du Vaudeville –, ou à l’heure de l’élimination des factions. Ainsi pour Guillaume et Anne Loison, guillotinés le 8 thermidor an II (26 juillet 1794) pour des « manœuvres contre-révolutionnaires » ; pour Marie-Julie Caron, suspecte au seul titre qu’elle est la sœur de l’émigré Beaumarchais ; pour Claire Lacombe, honteusement amalgamée aux charrettes des Girondins en octobre 1793 afin de mieux détruire la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires dont elle était l’une des dirigeantes ; pour l’ancienne actrice Marie Babin Grandmaison, accusée d’avoir voulu assassiner Robespierre et exécutée le 29 prairial an II (17 juin 1794)42 ; pour Grammont, à l’heure de la chute des « factions (…)  ». [40] An F7 /4756 [41] Théâtre Graslin de l’architecte Crucy qui avait été inauguré en 1788. http://www.archives.nantes.fr/PAGES/DOSSIERS_DOCS/expo_virtuelle_theatre/accueil.html [42] Dominique Godineau ibid. (AN F7 4756 Lacombe) [43]Cette salle avait été fermée et transformée en fabrique à chaussures, et réouverte par arrêté municipal du 28 août 1796 (11 fructidor an IV) https://therepsicore.msh.uca.fr/theatre-du-chapeau-rouge [44] Etienne Destrange «  le théâtre à Nantes depuis ses origines jusqu’à nos jours, 1430-1901 » Fischbacher (Paris) 1893 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5626647b [45] A N T//1001/2 [46] Ibid [47]Etienne Destrange « le théâtre à Nantes depuis ses origines jusqu’à nos jours, 1430-1901 » Fischbacher (Paris) 1893 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5626647b [48] Marie Cerati ibid. [49] D’après le «  Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres » du 14 avril 1798, en avril, de la même année, la citoyenne Valville les avait précédés pour un contrat à l’Odéon. Était-ce la comédienne en contact avec elle en 1791 ? [50] AN T//1001/2 [51] T//1001/2/Paul Ginisty «  Mémoires d’une danseuse de corde : Mme Saqui  » https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k882580d [52] L.-Henry Lecomte « Napoléon et le monde dramatique : étude nouvelle d’après des documents inédits » Paris, 1912 (page 23) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57429594 [53] Dans la base de données https://therepsicore.msh.uca.fr/ il est dit : «  Joseph Clavet dit Gabriel est comédien au Grand Théâtre de Nantes en l'an IV. Il est âgé de 30 ans en ventôse an IV ; il est probablement né en 1766 à Lyon. Il est commis chez son père avant de débuter sa carrière théâtrale.  » [54] Philippe Bourdin «  Le théâtre français en Égypte (1798-1801) Divertissement et acculturation en temps de campagne » https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02360480/document - AN F/17/1216 Lettre du 14 frimaire an VIII (5 décembre 1799) Papiers de Mahérault, commissaire du gouvernement près le Théâtre de la République, chargé de la formation d’une troupe de spectacle pour l’Égypte. [55] Philippe Bourdin «  Le théâtre français en Égypte (1798-1801) Divertissement et acculturation en temps de campagne » https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02360480/document [56] Henry Lyonnet «  Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier : biographie, bibliographie, iconographie.... T. 2. E-Z  » Genève : Bibliothèque de la Revue universelle internationale illustrée https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2137871 [57] « Le Courrier des spectacles, ou Journal des théâtres, du 2 septembre et du 4 octobre 1802 » Retronews [58] Retronews [59] Profitant d’une loi sur la liberté des théâtres, sous l’impulsion de Langlois de Courcelles et financé par Beaumarchais le théâtre du Marais fut construit en 1791 avec des matériaux dit-on récupérés de la prise de la Bastille (pilastres et chapiteaux) et y était représenté des spectacles révolutionnaires, dont la "la Mère coupable" de Beaumarchais. il dut fermer en 1807 par ordre de Napoléon conformément à sa nouvelle loi sur les spectacles. [60] Un an plus tard, ce fut avec cette même pièce que Mlle George débuta triomphalement à Paris Clare Siviter, « “La Couronne théâtrale” : Les comédiennes françaises, figures publiques après le Concordat (1801)  », Siècles [Online], 45 | 2018, http://journals.openedition.org/siecles/3667 [61] Henry Lyonnet «  Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier : biographie, bibliographie, iconographie.... T. 2. E-Z  » Genève : Bibliothèque de la Revue universelle internationale illustrée / Auteur décédé en 1933, spécialiste du théâtre français https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2137871 [62] Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique.... T. 10 L-MEMN / par M. Pierre Larousse https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205362h [63] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k201379d [64] Max Aghion «  Le théâtre à Paris au 18e siècle  » Paris Librairie de France 1926 https://archive.org/ [65]Nicolas Brazier «  Histoire des petits théâtres de Paris depuis leur origine. t 1  » Paris Allardin 1838 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65067384 [66] Clare Siviter, «  “La Couronne théâtrale” : Les comédiennes françaises, figures publiques après le Concordat (1801) », Siècles [Online], 45 | 2018, http://journals.openedition.org/siecles/3667 [67] Retronews [68] Elle était prénommée Pauline https://api.nakala.fr/data/11280%2Fc9212f99/1861a500ed45b88b1cfdea923b25ec88038a5cee [69] Au XIXe le Théâtre-Italien a été utilisé pour une succession de troupes parisiennes d'opéra interprétant en italien. [70] Administration générale de l’Opéra et du Théâtre-Italien pendant les années 1819 à 1830 1., Correspondance et décisions des autorités de tutelle, organisation des spectacles, personnel, service des entrées, comptabilité. Les pièces sont classées chronologiquement à l’intérieur de chaque dossier. (AJ/13/111-AJ/13/124) ANNÉE 1821. (AJ/13/112) Personnel. (III) [71] Henry Lyonnet dans sa série de portraits « les acteurs révolutionnaires », celui sur Claire dans «  la Nouvelle revue  » septembre 1924. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k112605q (p 83) Il utilise comme sources principales l’article de Lacour et des renseignements sur des documents contenus dans sa malle et fournis par Léonce Grasilier [72] Indiquons qu’en juin 1823, l’établissement de la Salpêtrière reçoit, par un arrêté du conseil général des hospices, le nom d’hospice de la Vieillesse-Femmes et le conserve jusqu’en juin 1885 pour redevenir alors l’hospice de la Salpêtrière. [73] 5e bureau-11e et 12e arrondissements anciens -Lettres Jou à Lac-1812-1830-DQ8 973 f62 [74] Collection des répertoires et registres relatifs aux patients : entrées (1721-1969), sorties (1721-1831), décès (1717-1969), aliénées (1740-1943) sans oublier les registres d’observations médicales (1815-1922), http://blogs.aphp.fr/wp-content/blogs.dir/113/files/2021/03/Pitie-Salpetriere-ir.pdf [75] Dora B. Weiner « Les femmes de la Salpêtrière : trois siècles d'histoire hospitalière parisienne. » 1995 [76] «  Le Globe » 28 novembre 1826