Un révolutionnaire de province, Nicolas Anne Gabriel Sergent.


Le Musée Bowes, musée d'Art situé à Barnard Castle, dans le comté de Durham, possède dans ses collections un tableau d’un révolutionnaire français portant la cocarde tricolore sur son chapeau. Ce tableau datant vraisemblablement de 1862 est signé du peintre académique Jacques Eugène Feyen.



Voici la traduction de la notice le concernant :

« – Grand-père de Mme Bowes, durant la Révolution française, il commanda un bataillon pendant la guerre de Vendée. De retour à Paris, il est faussement accusé et condamné à mort en 1792 (sic), mais échappe à la guillotine. Il est dit avoir été réalisé lors de son emprisonnement en 1792.

Titre Monsieur Sergent »[1]


En cherchant d’autres œuvres de l’artiste dans la collection de ce musée, nous découvrons un portrait de Monsieur Bowes et de la sœur aînée de son épouse née Coffin-Chevallier[2]. Nous découvrons aussi que l’œuvre de Feyen est une copie demandée par madame Bowes d’un fort beau dessin au crayon, original où la cocarde tricolore semble absente[3].



Après quelques recherches afin d’identifier ce Sergent, tâche qui s'est avérée ardue de par le grade militaire et un Conventionnel portant le même patronyme, même si ce dernier après son mariage avec la sœur du général Marceau se fit appeler Sergent-Marceau. La piste du dénommé Sergent représenté dans ce dessin est retrouvée grâce à un passeport datant de 1848 et conservé aux Archives du Musée. Il s’agit de celui de la mère de Joséphine Bowes, Marie Madeleine Antoinette Sergent épouse Coffin-Chevallier. Il est dit qu’elle est née à Saint-Dizier (Haute Marne)[4].

Il s’avère que ce citoyen Sergent est un personnage intéressant et représentatif de nombreux révolutionnaires de province. Voici donc, ce que l’on peut dire pour l’instant sur lui.


Les débuts

Nicolas Anne Gabriel Sergent est né en Champagne à Saint-Dizier le 6 mai 1756, fils de François, contrôleur des actes des notaires de Saint-Dizier, et de Marie Vatrin[5].


Acte de baptême de Nicolas Anne Gabriel Sergent (Archives de l'Aube)

Il devient lui-même avocat au Parlement, puis succédant à un dénommé Jean Jacques Chaperon, il obtient la charge de procureur de la ville et du baillage de Troyes d’avril 1785 à avril 1787[6]. Il épouse à Paris en septembre 1787, Jeanne Élisabeth Michel veuve Chaperon de la paroisse de Saint-Germain le Vieux[7]. De ce mariage, la naissance d'une fille prénommée Marie Madeleine Antoinette Sergent est déclarée à Saint-Dizier en décembre de la même année dont le parrain est Maximilien Marie Jean Jacques Chaperon[8]. En 1788, Sergent est nommé Commissaire national du tribunal du district de Troyes[9].


Ce juriste de province, progressiste, successivement membre de plusieurs loges maçonniques[10], embrasse les idées de la Révolution et va devenir proche des Jacobins. À la vue de sa proximité avec la famille Chaperon, c’est très certainement lui le dénommé Sergent, avocat à Paris qui défend les frères François et Benoit Chaperon, huissiers impliqués dans des troubles à Troyes durant l’été 1789, troubles ayant entraîné l’assassinat du maire de la ville[11].


En novembre 1791, procureur général syndic du département de la Haute-Marne, dans le cadre de sa mission il a à affronter une émeute de la disette dans la ville de Chaumont. Ses habitants ne veulent pas que les convois de blés destinés pour la capitale quittent leur commune ; ce qui crée de fortes dissensions entre les Corps administratifs du département et de la ville. Le 9 novembre, sa vie est même mise en danger lorsque les séditieux forcent le barrage de quelques Gardes nationaux pour entrer dans les locaux municipaux où il se trouve alors en délibération. Poursuivi par les insurgés jusque dans les champs, il gagne précipitamment Bologne puis séjourne pendant un temps à Saint-Dizier où il avertit les députés du département et les ministres parisiens de la situation[12]. Avec sa famille, il doit se réfugier à Wassy[13]. Sa plus jeune fille Nicole Anne y décède 8 décembre 1791[14], et selon lui la fuite fut une raison de sa mort. Ne se sentant pas soutenu par les corps constitués de la ville de Chaumont ni du département, il démissionne de ce poste. Voici, sa longue lettre de démission emplie d’amertume :


« Wassy, le 1er mars 1792

Messieurs et chers collègues, en acceptant la place importante de procureur général syndic, je ne m’étais pas dissimulé que, devenu par les calomnies des malveillants l’objet de la haine des ennemis du bien public et surtout de celle des prêtres séditieux, mes fonctions seraient pénibles, difficiles et même périlleuses, l’exemple de mon prédécesseur, qui a vu sa vie menacée par une insurrection populaire évidemment suscitée puisqu’elle n’avait pas même de prétexte, ne pouvait manquer de m’éclairer sur ce qui m’attendait moi-même. Mais j’avais espéré qu’un dévouement absolu aux devoirs de ma place, manifesté par l’activité du travail et l’impartialité la plus scrupuleuse dans mes fonctions, remplirait le double but que je m’étais proposé : celui de répondre à la confiance de mes commettants en servant la chose publique, et celui de forcer les malveillants à estimer du moins l’homme que la différence d’opinion leur avait fait calomnier. J’avais compté d’ailleurs que l’administration, chargée de l’exécution des lois, trouverait toujours dans le civisme des citoyens du chef-lieu un appui suffisant, non seulement pour la sûreté individuelle de ses membres, mais surtout pour le maintien de son autorité. J’étais à peine arrivé à Chaumont qu’un peuple égaré parlait de renouveler et d’exécuter sur moi la tentative faite sur mon prédécesseur. Il en fixait le jour qui était le rassemblement du conseil, et, lorsque des grains furent arrêtés, j’ignorais encore cette arrestation que déjà les séditieux demandaient ma tête.

Ceux d’entre vous, Messieurs et chers collègues, qui furent mes collaborateurs ont vu quelle a été ma conduite pendant trois jours d’insurrection, et quelle a été celle des citoyens de Chaumont qui, malgré les différentes réquisitions, ont refusé force à la loi et tout secours aux administrateurs même, en sorte que l’autorité administrative a été impunément méprisée, et que, forcés de fuir, nous nous sommes vus poursuivis par les séditieux jusque dans les champs. Dois-je ajouter ici qu’échapper personnellement aux dangers qui m’ont entouré, je n’en ai pas moins fourni une victime, perte cruelle dont le souvenir douloureux remplira d’amertume le reste de ma vie. Maintenant je vous dois, Messieurs et chers collègues, le résultat de mes réflexions. Sans entendre tirer ici aucune conséquence, ni de la résistance qui s’est constituée sous les yeux mêmes du conseil assemblé, ni des troubles qui se sont successivement manifestés depuis à Chaumont, ni de la poursuite tardive entreprise contre les acteurs de la sédition, ni de l’affectation des témoins et du tribunal à n’apercevoir qu’un petit nombre de coupables, lorsque cependant il ne s’agit plus de la vengeance personnelle d’un homme qui a depuis longtemps pardonné par son silence, mais bien de celle de l’autorité administrative méprisée impunément, ce qui est de toute autre importance, il m’est évident que je ne dois plus conserver une place qu’il ne serait pas en mon pouvoir de remplir, selon le vœu de ceux qui m’y ont appelé. Mon personnel ayant si violemment excité la haine des malveillants et étant devenu un sujet de sédition à Chaumont, il sera plus utile à la chose publique de remettre mes fonctions en d’autres mains ; mon successeur, inconnu aux méchants et non encore atteint de leurs calomnies, aura le temps, j’aime à le croire, d’opérer tout le bien auquel il m’eût été doux de concourir.

Je déclare donc, Messieurs et chers collègues, que je me démets formellement de la place de procureur général syndic, à l’effet d’être pourvu à mon remplacement, conformément à la loi.

Permettez-moi, Messieurs et chers collègues, de vous offrir ici l’assurance bien sincère des regrets que me fait éprouver une séparation aussi malheureuse qu’elle a été imprévue. Je vous le dis avec toute la franchise dont je fais profession. Je me suis souvent applaudi d’avoir des collaborateurs, dont les lumières et le civisme m’étaient de sûrs garants que nos travaux communs eussent servi efficacement à faire jouir nos concitoyens des bienfaits d’une bonne administration. Il m’était en même temps bien flatteur de croire que, réunis par les fonctions, nous l’étions déjà aussi par les liens de l’amitié. Ce serait pour moi une consolation bien douce de penser que mes regrets seront partagés. Je suis avec un fraternel attachement, Messieurs et chers collègues, votre très humble et très obéissant serviteur.

N.-A.-G-. SERGENT, homme de loi. [15]»


Installé à Wassy, il achète une étude d’avoué où il réside peu de temps[16].




Guerres de Vendée

On le retrouve en février 1793 à Troyes dans le département voisin de l’Aube, ville où demeurent les frères Chaperon dont il est proche. Il y exerce la fonction de commissaire national près le tribunal du district[17]. Notons que son oncle paternel était apothicaire depuis de nombreuses années dans cette commune[18]. Sergent est orateur de la Société populaire de Troyes dénommée « la Société des Amis », il y prend fermement position en juin contre le fédéralisme[19].

Suite aux évènements du printemps, et sous l’impulsion de la Société populaire, et les encouragements de Fouché en mission dans le département, il est décidé de lever un bataillon de volontaires de l’Aube destiné à combattre en Vendée. Sergent est élu le 9 juillet 1793 capitaine de la 5e compagnie de fusiliers et de canonniers du bataillon[20]. La compagnie quitte Troyes le 16 juillet, et non plus comme prévu initialement pour la Vendée, mais suite au mouvement fédéraliste de l’Eure, prend la direction de la Normandie[21]. Elle est indiquée à Caen le 5 septembre[22]. Comme les compagnies des volontaires de l’Aube avaient été scindées en deux, certains étaient partis directement sur Tours pour aller combattre en Vendée, les autres en Normandie. Les compagnies sur Tours prirent le nom de 4e bataillon de l’Aube, et celles en Normandie sous les ordres de Sergent, celui du 6e bataillon de l’Aube[23].


Le mouvement fédéraliste de l’Eure ayant été déjà battu, le 6e bataillon incorporé à l’armée de Côtes de Cherbourg du général Tilly, descend de Normandie pour combattre l’armée Vendéenne durant la Virée de Galerne[24]. Il prend part à la bataille du Mans du 12 et 13 décembre, et reçoit les honneurs des rapports Républicains :

« (…) les bataillons de l’Aube, de la Dordogne et généralement tous ceux aux ordres du général Tilly, et dont nous n’avons pas encore pu nous procurer les noms, se sont disputé d’audace et d’intrépidité ; chaque soldat était un héros dans ces légions républicaines (…) »[25].


Bataille du Mans, gravure anonyme

Il en est de même à Savenay le 23 décembre, où le soir de la bataille « Le 6e bataillon des volontaires de l’Aube, les 6e et 31e régiments, ci-devant Aunis et Armagnac, ont conservé la réputation qu’ils s’étaient acquise au Mans »[26].

Après Savenay, le bataillon est stationné à Nantes qu’il doit quitter pour commencer à pourchasser l’armée de Charette. Toutefois, il a perdu sa motivation comme le commissaire Benaben l’écrit le 9 nivôse (29 décembre) à Port Saint-Père :

« (…) la division de Tilli partit, hier, à quatre heures, pour se rendre au Port St Père où nous avons biwaqué. J’ai eu l’occasion d’observer combien le séjour des grandes villes était funeste aux troupes les mieux disciplinées. Quoique la division de Tilli eût ordre de se porter toute entière au Port-St-Père, il ne se présenta guère que la moitié, lorsqu’il fallut partir. Tout le bataillon de l’Aube, à l’exception de son commandant, refusa net de marcher, ce qui engagea le général Carpentier à lui enlever son drapeau et à le placer au centre de la brigade. Je fus un de ceux qui l’aidèrent dans cette expédition (…) [27]. »


Portrait de François Athanase Charette de La Contrie, pastel anonyme, réalisé entre 1793 et 1796. — Conseil général de la Vendée - Conservation départementale des musées, Domaine public

Dans une autre lettre non datée du même Bénaben et adressée à Vial, des précisions sont données : « Il n’y a plus que Charette à prendre et tout sera fini, mais c’est à qui ne le prendra pas ; tout le monde a peur. Le général Vimeux avec lequel j’eus enfin l’avantage de m’entretenir un moment à Nantes, deux ou trois jours après la prise de Savenay, me fit entendre qu’il ne seroit pas aussi aisé de détruire l’armée de Charette, composée tout au plus de huit à dix mille hommes, que la grande armée des brigands, qui comme on sait, était de quatre-vingt à quatre-vingt-dix dix mille hommes. Les soldats reculent pour marcher en avant ; on avait donné l’ordre à la décision de Tilly de se porter toute entière sur Port Saint Père. Il ne s‘en est présenté que la moitié au moment de partir, je n’ai pas vu un seul gendarme de la 33e division ; tout le bataillon de l’Aube, qui s’étoit rassemblé dans le quartier de la Fosse où étoient ses logements, refusa net de marcher, à l’exception d’un commandant et d’un caporal ; il est vrai que ces malheureux sont sans souliers et n’ont que des guenilles pour se couvrir, mais cela ne suffit pas pour leur faire refuser d’obéir. Carpentier leur a enlevé leur drapeau et les a fait placer au milieu de la colonne (…) »[28].


Général Delaitre de Tilly Mathieu-Ignace Van Brée — Catalogue Joconde :

Toutefois, un mois plus tard, le bataillon reçoit les éloges du Général Tilly :


« Armée des Côtes de Cherbourg

Du quartier général de Caen, le 9 pluviôse l’an II de la République française une et indivisible

Nous, général de division de l’armée des Côtes de Cherbourg, réunie à celle de l’Ouest pour combattre les brigands de la Vendée, certifions à qui il appartiendra que le bataillon de l’Aube, commandé par le citoyen Sergent, a eu une excellente conduite pendant toute la campagne ; qu’il s’est trouvé aux glorieuses affaires du Mans, de Savenay et de Machecoul, qu’à celle de Savenay notamment il a rendu les services les plus éclatants de la République »[29].


Et Bouchotte indique le 1er février au Comité de salut public :


« Citoyens représentants, le 6 » bataillon de l’Aube, qui faisait partie de l’armée des Côtes de Cherbourg, doit sa naissance à l’élan du républicanisme qui enflamma les patriotes de ce département lors des progrès alarmants des brigands de la Vendée. Ce bataillon, qui compte parmi ses membres un grand nombre de pères de famille et des fonctionnaires publics, a vraiment justifié les motifs généreux auxquels est due sa formation. Après avoir contribué à la réduction des rebelles du Calvados, il s’est mesuré avec gloire et succès contre les rebelles de la Vendée et s’est entre autres distingué dans les affaires du Mans, de Savenay et de Machecoul, suivant l’attestation du général de division Tilly. Ce bataillon demande qu’il lui soit délivré (une feuille de) route pour retourner dans ses foyers, avec la faculté à tous les fonctionnaires publics, hommes mariés et autres non sujets à la réquisition, de se retirer, sauf aux jeunes gens de la première réquisition qui s’y trouvent à demeurer à la disposition du ministre ;ou, si l’on veut conserver ce bataillon pour ce qui concerne les jeunes gens de la première réquisition qui s’y trouvent, l’envoyer en garnison à Troyes, où il se préparerait à la campagne prochaine.

Je vous propose, citoyens représentants, d’avoir égard à la demande de ces braves gens en ce qui concerne le retour du bataillon à Troyes, la faculté à tous ceux non sujets à réquisition de rentrer chez eux, à l’exception de ceux sujets à réquisition, qui seront à ma disposition pour être incorporés suivant la loi. Je vous aurais peut-être proposé de conserver ce bataillon comme ancien cadre ayant fait la guerre, si aucun de ses membres n’eut demandé à le quitter, mais, réduit à ce qui peut se trouver de réquisition, il n’offrirait pas assez d’instruction »[30].

L’autorisation obtenue, le 2 pluviôse an II, Lourdeuil du ministère de la Guerre déclare « d’après la bonne conduite tenue par le 6e Bataillon de l’Aube contre les rebelles de la Vendée, le Comité de salut public autorisait le ministre de la Guerre à faire passer ce Bataillon à Troyes ». Le bataillon quoique non officiellement licencié l’est dans les faits[31].


Même si des rumeurs ont circulé sur eux et malgré le ressentiment vis-à-vis de Sergent[32], le 6 mars 1794, dans la ville de Troyes, le retour des volontaires ayant « exterminé la Vendée (sic) » est triomphal. Les autorités de la ville accompagnées d’un groupe de parents (portant des fanions avec inscrit la phrase « voici nos fils, nos maris, nos frères, vive la république ») les accueillent rue d’Estissac. Après avoir rendu compte des principales opérations du bataillon depuis son départ et lu le rapport satisfaisant que le Comité de salut public en avait fait le mois précédent, Sergent est décoré. Six volontaires fonctionnaires reçoivent un trophée portant leurs insignes professionnels et la phrase gravée « tu ne les as quittés que pour les dangers de la patrie ; tiens, les voilà ». Le cortège entre ensuite dans la ville au milieu des « Vive la République ! Vive le sixième bataillon de l’Aube ! » Les discours sont prononcés en la Maison commune, et une fête est donnée au temple de la Raison, malheureusement sans banquet, même frugal pour cause de disette. Puis la soirée s’achève par la représentation de pièces[33].

Cet accueil pourtant ne doit pas tromper, la situation à Troyes est tendue et les différents courants révolutionnaires s’affrontent.


Le terroriste

Pendant l’absence du bataillon, la ville de Troyes a connu le passage de Rousselin jeune commissaire national, affilié à Danton[34]. Il avait été mandé par le Comité de salut public pour « (…) renouveler les autorités constituées, faire arrêter tous les malveillants, et prendre les mesures propres à rétablir l’esprit public dans cette commune, et la porter à la hauteur de la Révolution »[35]. Pour cette mission, qu’il effectue avec trop de zèle, il s‘entoure des membres le plus radicaux de la Société populaire et instaure un Comité révolutionnaire. Mais mis en difficulté par les sections de la ville, Rousselin est obligé de rejoindre Paris[36].

Durant et suite à son passage, les prisons de Troyes se remplissent d’ex-nobles, de vieux prêtres non assermentés, de proches ou supposés proches des Girondins…. Il est dit que certains extrémistes envisagent un nouveau 2 septembre.

De retour de Vendée, dès le 8 mars, Sergent est nommé dans une commission de douze membres choisis essentiellement parmi les amis de Rousselin. Cette commission a pour objectif « (…) d’examiner la conduite des personnes détenues dans les prisons de Troyes afin d’emmener le plus de criminels au tribunal révolutionnaire et par là donner plus d’aisance à ceux qui resteraient. Ou seraient dans le cas de rentrer ». Sergent prend à cœur sa mission qu’il remplit avec un zèle qu’il exprime de vive voix[37].


Exécution de Danton. Gravure de Charles Barbant d'après un dessin de Frédéric Lix, xixe siècle.

La mort de Danton affaiblit encore plus Rousselin et ses alliés troyens[38]. Se sentant en danger, les radicaux, dont Sergent, redoublent d’ardeur à la Société populaire et se disent les seuls révolutionnaires[39]. Emmenés par Guélon et Robert, les sectionnaires se décident d’attaquer et accusent Rousselin de trop de zèle révolutionnaire[40]. Il est renvoyé au Comité de salut public et son cas étudié aux Jacobins.[41]

Il est emprisonné et ses amis politiques de Troyes arrêtés le rejoignent pour comparaître avec lui[42]. Parmi eux se trouve Sergent[43]. On trouve trace de sa détention à la Conciergerie du 20 juin au 21 juillet 1794 [44].

Le 20 juillet (2 thermidor), Rousselin et ses amis politiques troyens comparaissent devant le Tribunal révolutionnaire, exceptés Gachez et Sergent pourtant cités mais absents[45]. Soutenus notamment par David-Delisle conventionnel de l’Aube, selon leur ligne de défense, ils affirment être poursuivis par un esprit fédéraliste[46]. Ils sont acquittés[47], et Guélon leur accusateur est à son tour déclaré en arrestation« pour fausses dénonciations ».


Cette annonce désespère les révolutionnaires modérés de Troyes, mais à l’inverse est acclamée à la Société populaire de la ville le 23 juillet. Le 15 août le Représentant du peuple en mission dans l’Aube, Pottoffeux soutient Rousselin et ses partisans contre les sectionnaires, riches troyens ayant influencé les habitants de la ville pour qu'ils pensent comme eux [48].

Rondot, Fèvre et Forgeat sont réintégrés dans leurs fonctions municipales. Certains toutefois semblent vouloir se faire oublier à Paris. Ainsi, Sergent, le 22 brumaire an III (12 novembre 1794), est nommé membre de l’Agence des subsistances générales[49].


En-tête de la Commission du commerce et des approvisionnements de la République : liberté unité égalité. Estampe de Jean-Baptiste Tilliard (Gallica)

Mais, lors de la réaction thermidorienne, en tant que terroristes, les ultras révolutionnaires de Troyes sont de nouveau sur la sellette.

L’épuration commence par la Société populaire, où le 10 décembre 1794, « Le club chasse Carette et Chaperon dit le Petit-Sabre », puis en janvier c’est au tour des autorités municipales. Chaperon perd un temps son poste d’huissier[50]. La commission du commerce et des approvisionnements est supprimée et remplacée par la commission des approvisionnements, chargée de l’approvisionnement de Paris. Sergent est à ce moment démis de son lucratif poste [51].

La Société populaire régénérée voulant régler ses comptes avec Rousselin adresse à la Convention une copie datant du 18 brumaire an 2 de son ordre d’installation d’une guillotine à Troyes. Les accusateurs sont appuyés par Garnier de l’Aube « celui que l’on vous dénonce, âgé de vingt-deux ans, s’est montré l’agent le plus actif de la dévastions à laquelle le département de l’Aube a été trop longtemps livré. Ce tigre s’est abreuvé de sang pendant sa mission[52] ». Il est alors décidé d’envoyer les pièces l’incriminant au Comité de sûreté générale, et malgré ses appuis Rousselin est arrêté. Quant aux ultras révolutionnaires restés à Troyes, ils sont emprisonnés dès avril[53].


Sergent quant à lui demeuré à Paris, avait tenté en vain de se faire oublier : « On assure que Ponsard, entré à Paris dans un café, y avait aperçu Sergent jouant aux dames, qu’il avait dit tout haut qu’il croyait ne trouver que d’honnêtes gens, qu’il était étonné d’apercevoir un buveur de sang et un scélérat qui avait mis le trouble dans le département de l’Aube, qu’enfin il l’avait démasqué au point qu’on a chassé Sergent du café[54]. » Mais sans succès, car il est arrêté une nouvelle fois. A-t-il participé à l’insurrection jacobine de prairial  ? Ce que l’on sait, c’est que le 4 juillet 1795, sur ordre du Comité de surveillance général, grâce aux appuis parisiens il fait partie des dix-sept, pourtant considérés comme les plus dangereux qui sont élargis. Notons que les sous-fifres de Troyes sont toujours emprisonnés.


Attaque du Faubourg St Antoine. le 4 Prairial An 3eme de la République An 3ème de la République. par Abraham Girardet (Musée Carnavalet, Histoire de Paris G.31922 CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet)

Émues de ce fait, les autorités municipales de Troyes se plaignent officiellement que ledit comité a « ordonné l’élargissement des individus qui ont déshonoré notre pays. Ces intrigants sont au nombre de dix-sept, tous chef de la faction abattue le 4 prairial ; cependant beaucoup de personnes attachées à ce parti, mais qui ne sont pas si dangereuses, sont encore dans les prisons . Déjà la crainte s’est emparée des bons citoyens ; les terroristes se promettent bien de reprendre leur puissance. Ils vont abuser de leur liberté pour venir à Paris exciter des troubles et aiguiser des poignards. Ils vont intriguer dans les assemblées primaires qui seront convoquées pour accepter la constitution. Ils attribuent la disette actuelle aux autorités constituées, tandis que ce sont eux qui en sont la cause. Ôtez au comité de sûreté générale, la faculté de rendre à la société les perturbateurs, avant d’avoir pris des informations sur les lieux. Il ne connaît pas les intentions perfides des hommes qu'il a mis en liberté. A-t-il consulté le département de l’Aube, sur les factieux qui ordonnèrent un pillage de de 1700 mille livres, sous le nom de taxe révolutionnaire ? Ce sont des patriotes comme Robespierre, des amis de l’humanité comme Fouquier[55] »

pamphlet datant de 1796 et imprimé à Troyes chez Sainton (The Newberry Library)

Suite à ce courrier, ils sont de nouveau réincarcérés le 18 juillet. Mais grâce aux lois d’amnisties de l’automne 1795, ils sont définitivement libérés, sans toutefois retrouver d’emploi dans les administrations locales[56]. Sergent retourne résider un temps à Troyes. Il y cofonde avec Benoit Chaperon et Bouillé (ayant eu des fonctions à Bar-sur-Aube durant la Révolution et devenu commissaire municipal de Troyes) un cercle de lecture dans une des salles du collège, cercle ayant certainement une volonté politique cachée[57]. Ayant dû certainement faire profil bas durant le Directoire et le Consulat, sa trace se perd. On ne retrouve mention d’un Nicolas Anne Gabriel Sergent habitant rue Quincampoix que dans le minutier des notaires parisiens. Il s'agit d’une succession datée de décembre 1837, laissant supposer qu’il a dû décéder dans la capitale vers cette période [58].

Voici donc, ce que l’on peut dire sur ce Monsieur Sergent, ou plutôt du citoyen Sergent, ultra révolutionnaire.

Quant au portrait dessiné indiqué d'école française, son attribution demeure impossible. S’il s’avère qu’il fut réellement réalisé lors d’un emprisonnement de Sergent, il peut être tentant de penser aussitôt à Jacques Louis David, détenu lui aussi après après Thermidor. En effet alors privé de liberté, il avait dessiné certains de ses codétenus dont notamment le conventionnel Jeanbon Saint-André. Mais en fait, aucunes preuves ne pas étayer cette première pensée. Peut-on penser à un artiste de son atelier  ? Notre pensée va aussi vers Jean Duplessis-Bertaux et son dessin de Châtelet et Le Prieur jurés au tribunal révolutionnaire : guillotinés le 18 floréal an 3 de la République. Il ne faut pas non plus oublier Dominique Vivant Denon et ses portraits de révolutionnaires dont Danton, Hébert....

L'avis d'un historien de l’art serait plus que nécessaire.





Châtelet et Le Prieur jurés au tribunal révolutionnaire, dessin de 1795 de Duplessis-Bertaux, (Gallica)

© Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola

Par Christelle Augris

A lire concernant la petite-fille de Sergent : Joséphine Bowes, la comédienne devenue comtesse

 

[1] https://bowes.adlibhosting.com/Details/collect/642 [2] Dans les archives mises en ligne, nous trouvons mention de deux factures de Feyen, l’une datant de juin 1862 https://bowes.adlibhosting.com/Details/archive/110005462 et l’autre d’avril 1863 https://bowes.adlibhosting.com/Details/archive/110005715 [3] https://bowes.adlibhosting.com/Details/collect/1693 Object number B.M.1042 [4] Archives du musée Bowes "Passport of Joséphine’s mother " (Reference JB/8/4/2) 1848 https://bowes.adlibhosting.com/Details/archive/110000110 [5] Archives de Haute-Marne -Registres paroissiaux de Saint-Dizier-BMS 1746-1759 -1 E 448/22. Sa mère décédera le 16 mars 1765 à Saint-Dizier (paroisse N.D) à l’âge de 37 ans. [6] Archives nationales — Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d’office V/1/523, pièce 196 — Procureur postulant en la ville de Troyes, bailliage, siège présidial et autres juridictions à l’exception de l’élection et grenier à sel. Son successeur Jean Michel Honnet sera nommé le 25 avril 1787. [7] 9 septembre 1787, Contrat de mariage entre Nicolas Anne Gabrielle Sergent demeurant hors de Paris, diocèse de Troyes, avocat au Parlement et Jeanne Élisabeth Michel veuve Chaperon, demeurant rue de la Calandre, paroisse de Saint-Germain le Vieux, diocèse de Paris. [8] Archives de Haute-Marne -Registres paroissiaux de Saint-Dizier. BMS 1776-1790 - 1E448/24 [9] Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d’office V/1/532, pièce 24331 décembre 1787 [10] Introduis à l’Union de de la Sincérité de Troyes le 15 mai 1785, couvreur en 1786.. Orateur de la Cordialité de St Dizier en 1787 , Fichier Bossu, Gallica [11] Journal de la ville et des provinces ou le Modérateur du 27 novembre 1789 Retronews : « Extrait de deux lettres datées de Troyes, du 22 et du 24 novembre concernant le meurtre du Maire de cette ville — . Du 22 On doit plaider demain l’affaire des Chaperon. On fera les interrogatoires mardi, l’on jugera mercredi, & l’on exécutera sans délai. Il y a ici, depuis deux mois, cinq bourreaux. Celui de Troies a prié le lieutenant-général de Chaumont de lui faire des avances sur ses honoraires. - Du 24. M. Sergent, avocat de Paris, a défendu hier les frères Chaperon avec beaucoup d’éclat. Il a démontré qu’ils étoient victimes de la vengeance du sieur Sourdac, lieutenant de police, qui les a fait arrêter sur un procès-verbal rédigé par lui-même, en forte qu’il se trouve accusateur, dénonciateur, juge & partie.... Cette première affaire a été jointe à la plainte du procureur du roi de la maréchaussée. Sur ce second article, il n’a pas justifié de même sa partie. On fait les interrogatoires aujourd’hui, & on jugera demain ou après les 45 accusés. » Ils furent libérés en mars 1790 (cf. Albert Babeau Histoire de Troyes pendant la Révolution, Volume 1). [12] Adolphe Thiébault, avocat, Rapport présenté au nom de la Commission de publication sur l'Histoire de Jean-Nicolas LALOY , Mémoires de la Société des lettres, des sciences, des arts, de l’agriculture et de l’industrie de Saint-Dizier, Société des lettres, des sciences, des arts, de l’agriculture et de l’industrie de Saint-Dizier. 1912 (p 43): "Quatre jours durant, l'insurrection est triomphante, en sorte que le procureur général syndic du département, M. Sergent, dont les jours avaient été en danger, et qui, poursuivi par les insurgés jusque dans les champs, avait gagné précipitamment Bologne et, de Bologne, s'était retiré à Saint-Dizier, crut devoir avertir par des messagers spéciaux les députés du département, l'Assemblée souveraine, les ministres et le Roi, de ce qui se passait à Chaumont (1)- (1) Arch. de la Haute-Marne : L. Liasse de l'insurrection à Chaumont en 1791." https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5535184m [13] Ch. Lorain, Les subsistances en céréales dans le district de Chaumont de 1788 à l’an V/département de la Haute-Marne, R. Cavaniol (Chaumont) 1911-1912. Voir le sous chapitre - Mesures générales se rapportant à l’ensemble du district à partir de la page 138) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5567059n [14] Registres paroissiaux et d’état civil - Wassy BMS- 1E 550/12. Le père est indiqué Théodore procureur général au département. Passage de sa lettre de démission : « Dois-je ajouter ici qu’échapper personnellement aux dangers qui m’ont entouré, je n’en ai pas moins fourni une victime, perte cruelle dont le souvenir douloureux remplira d’amertume le reste de ma vie. » [15] Ch. Lorain, Les subsistances en céréales dans le district de Chaumont de 1788 à l’an V/département de la Haute-Marne. Ibid. [16] Ch. Lorain, Les subsistances en céréales dans le district de Chaumont de 1788 à l’an V/département de la Haute-Marne. Ibid. [17] Albert Babeau, Histoire de Troyes pendant la Révolution, Volume 2 Dumoulin, 1874 : « Chaperon, greffier du tribunal, protesta vivement au nom des assistants, et s’indigna de ce qu’on eût refusé un certi fi cat à un patriote, quand on venait d’en accorder à un ci-devant garde-du-corps. Un des membres du conseil, Sainton, répondit que la conduite de Bourgoin, à l’occasion du séquestre, avait été le motif du refus. Sergent ; l’un des orateurs populaires de la Société des Amis, réclama la parole et l’obtint. Il reconnut que Bourgoin avait commis un acte de faiblesse ; mais “c’était un patriote.” » [18] Acte de baptême de Nicolas Anne Gabriel Sergent, le parrain est Nicolas Sergent, oncle paternel marchand apothicaire depuis de nombreuses années à Troyes [19] Histoire du terrorisme exercé à Troyes : par Alexandre Rousselin et son comité révolutionnaire, pendant la tyrannie de l’ancien Comité de salut public ; suivie de la réfutation du rapport de la mission dudit Rousselin, avec les pièces justificatives 1796 : « (Note Cette adresse, pleine de civisme et d’humanité, fut présentée, par Loyes, à l’adhésion de la société populaire. À force de déclamations sur le fédéralisme, Sergent parvint à l’y faire rejeter » [20] Notes et souvenirs inédits de Prieur de la Marne : publiés avec une introduction et des notes Berger-Levrault, 1912 (p 84) Albert Babeau, Histoire de Troyes pendant la Révolution, Volume 2 ibid. « Procès-verbal de l’élection des officiers de la troisième compagnie. L’élection eut lieu dans l’église Saint-Urbain, le 3 juillet. Dans la cinquième compagnie, Sergent ; commissaire national près le tribunal du district, fut choisi pour capitaine ; un professeur de l’école de dessin, Alexandre, fut nommé sergent-major Arch de l’Aube L 4 491. » Laurent Brayard, les bataillons des volontaires et des réquisitions de l’Aube (1791-1803), février 2021, SEHRI http://assosehri.fr/bibliothequemili/les-bataillons-de-volontaires-et-de-r-quisitions-de-l-aube.pdf : « Les 3e et 4e compagnies ici évoquées étaient placée sous le commandement des capitaines Mignot et Catigny ; celle des canonniers sous celui de Lefebvre. Finalement Pointel et Fouché restèrent encore quelques jours à Troyes et ce ne furent pas deux, mais trois autres compagnies que l’on leva (capitaine Sergent, Bouillerot, Groussel). Celles-ci quittèrent Troyes le 16 juillet ». [21] M. le lieutenant Hennequin, du 1er Bataillon de Chasseurs, Les Volontaires de l’Aube en Vendée, 4e et 6e Bataillons de l’Aube (1793-1795). Correspondance du citoyen Benoît Chaperon, commandant le 4e Bataillon de l’Aube, — Mémoires de la Société d’agriculture, sciences et arts du département de l’Aube https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5800788p : (p 348) « Quoique les fédéralistes eussent été défaits à Vernon, le 14 juillet, le Directoire de l’Aube n’en continue pas moins à acheminer vers la Normandie les autres compagnies du Bataillon, au fur et à mesure de leur organisation. La compagnie de canonniers avait quitté Troyes le 9 juillet, les compagnies Sergent, Bouillerot et Groussel le 16 ». [22] M. le lieutenant Hennequin, du 1er Bataillon de Chasseurs, Les Volontaires de l’Aube en Vendée, 4e et 6e Bataillons de l’Aube (1793-1795). Correspondance du citoyen Benoît Chaperon, commandant le 4e Bataillon de l’Aube, — Mémoires de la Société d’agriculture, sciences et arts du département de l’Aube (p 348) « (…)Le 5 septembre, 5 compagnies du Bataillon destiné à la Vendée et la compagnie de canonniers se trouvaient groupées à Caen, aux ordres du citoyen Sergent, commandant la 5e compagnie) » Étienne Charavay, Correspondance générale de Carnot : publ. avec des notes historiques et biographiques. T. III. Août-octobre 1793. : « (PARIS, 20 BRUMAIRE AN II [10 NOVEMBRE 1793]. DIDIER JOURDEUIL, ADJOINT AU MINISTRE DE LA GUERRE, AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC. Analyse. — II fait connaître l’ordre envoyé au général en chef de l’armée de l’Ouest pour diriger sur Caen le bataillon de l’Aube. [Analyse, Arch. de la guerre, correspondance générale.] » https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6224586q [23] Laurent Brayard, les bataillons des volontaires et des réquisitions de l’Aube (1791-1803), février 2021, SEHRI http://assosehri.fr/bibliothequemili/les-bataillons-de-volontaires-et-de-r-quisitions-de-l-aube.pdf « les cinq compagnies de fusiliers et celles de canonniers, y étaient placées sous le commandement du capitaine Sergent. Elles prirent le titre de 6e bataillon de l’Aube et restèrent finalement en Normandie, M. le lieutenant Hennequin, du 1er Bataillon de Chasseurs, Les Volontaires de l’Aube en Vendée, 4e et 6e Bataillons de l’Aube (1793-1795). Correspondance du citoyen Benoît Chaperon, commandant le 4e Bataillon de l’Aube) ibid. [24] M. le lieutenant Hennequin, du 1er Bataillon de Chasseurs, Les Volontaires de l’Aube en Vendée, 4e et 6e Bataillons de l’Aube (1793-1795). Correspondance du citoyen Benoît Chaperon, commandant le 4e Bataillon de l’Aube ibid. : « Le 5 septembre, 5 compagnies du Bataillon destiné à la Vendée et la compagnie de canonniers se trouvaient groupées à Caen, aux ordres du citoyen Sergent, commandant la 5e compagnie »/(p351) « (…) Les cinq compagnies et les canonniers dirigés sur la Normandie avaient agi d’une manière analogue. Pour des motifs que nous avons tout lieu de supposer semblables à ceux qui avaient présidé au baptême du 4e, ces compagnies s’étaient intitulées 6e Bataillon de l’Aube, sous le commandement du citoyen Nicolas-Anne-Gabriel Sergent, commissaire national près le tribunal du district de Troyes, élu, le 9 juillet 1793, capitaine de la cinquième compagnie du Bataillon destiné à Laurent Brayard, les bataillons des volontaires et des réquisitions de l’Aube (1791-1803), ibid. “incorporés à l’armée des côtes de Cherbourg du général Tilly, les volontaires de l’Aude cantonnés alors en Normandie participèrent à la poursuite de l’armée catholique et royale lors de la campagne d’Outre-Loire. Au sein de la 2e brigade du général Dhalancourt (31e régiment ci-devant d’Aunis, 33e division de gendarmerie, 2e bataillon de Paris)” [25] Lettre des citoyens Turreau, Prieur et Bourbotte, représentants du peuple près les armées réunies de l’Ouest datée du Mans, du 23 brumaire An II (13 décembre 1793) au Comité du Salut public lue à la Convention le 25 . Archives parlementaires françaises [26] Convention, Séance du 6 nivôse lettre de Turreau et Prieur de la Marne, Moniteur universel du 27 décembre 1793 Retronews [27] Archives de Vendée — 4 Num 280/2 — Correspondance et papiers de Benaben, éd. Arsène Launay — Paris 1886 [28] Archives de Vendée — 4 Num 280/2 — Correspondance et papiers de Benaben, éd. Arsène Launay — Paris 1886 [30] Étienne Charavay, Correspondance générale de Carnot T. III. Août-octobre 1793/(Paris) 1892-1907 (p 278) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6224586q [31] M. le lieutenant Hennequin, du 1er Bataillon de Chasseurs, Les Volontaires de l’Aube en Vendée, 4e et 6e Bataillons de l’Aube (1793-1795). Correspondance du citoyen Benoît Chaperon, commandant le 4e Bataillon de l’Aube, Mémoires de la Société académique du Département de l’Aube Société académique de l’Aube · 1912. (p362) : « Extraits Quant au 6e Bataillon, quoique maintenu en principe à la disposition de l’Administration de la Guerre, il n’avait pas tardé à se désagréger, chaque volontaire ayant hâte de reprendre ses occupations. “L’intention du Comité du Salut public, écrivait le ministre Bouchotte au Conseil général de la commune de Troyes, à la date du 1er germinal an II (21 mars 1794), n’est pas de déplacer le bataillon. Il faudrait de ces circonstances graves qui appellent tous les Français, alors vos concitoyens marcheraient quand même, ils ne seraient pas embataillonnés”. C’était autoriser implicitement le licenciement du 6e Bataillon, qui s’opéra d’ailleurs peu à peu ». (p 362) [32] Albert Babeau, Histoire de Troyes pendant la Révolution, Volume 2, Op.cit. notes 1 de la page 254 « Projet de la fête à célébrer le jour de l’arrivée de nos frères revenant de la Vendée présenté au conseil général de la commune de Troyes par l’agent national, in-8e de 11 p Journal du département, du 4 germinal. Dél.mun. du 4 pluviôse. Arch de Troyes. Il courait des bruits défavorables sur les volontaires du sixième bataillon. On les accusait dans les rues et à la Société populaire d’être des lâches, et d’avoir voulu égorger leur commandant. Reg. de la Permanence des 8 et 13 germinal. Reg. Du comité révolutionnaire du 2 brumaire an III » [33] Journal du département des 7, 8 et 16 pluviôse et du 24 pluviôse an 2 [34 ] F-A. Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire. T. 16. 10 août 1794-20 septembre 1794 (23 thermidor an II-4e jour sans-culottides an II) (pp129-133) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49278f « Rousselin, commissaire civil national — il n’a pas de doute que Rousselin fût lié avec Danton. L’éloge qu’il en fait dans son discours pour régénération des autorités constituées de Troyes, l’entretien secret qu’il eut avec lui dans l’auberge d’Haillot, le 28 novembre (vieux style), et les ménagements qu’il eut pour la commune d’Arcis, patrie de Danton (…) » [35] Alexandre Rousselin Corbeau de Saint-Albin, envoyé en mission à Provins puis à Troyes par le Comité de salut public, journaliste à la feuille du Salut public, après son acquittement devint secrétaire général de l’administration département de la Seine ; à la Restauration fonda le journal Constitutionnel.

http://histoire-bibliophilie.blogspot.com/2018/08/le-mysterieux-comte-de-saint-albin-1772.html [36] Il fait imprimer un « Rapport de la mission d’Alexandre Rousselin, commissaire civil national du comité de salut public de la convention nationale, à Troyes... sur ses opérations dans cette commune et sur les troubles qui y ont existé ». Ce rapport de 96 pages est imprimé à Troyes chez Garnier, imprimeur du département, et à Paris à l’imprimerie de la Feuille du salut public du 22 janvier 1794, Retronews Une députation de ses amis troyens se présente aux Jacobins le 3 pluviôse pour louer son action dans la ville. Feuille du Salut public du 15 février 1794 Retronews [37] Histoire du terrorisme exercé à Troyes : par Alexandre Rousselin et son comité révolutionnaire, pendant la tyrannie de l’ancien Comité de salut public ; suivie de la réfutation du rapport de la mission dudit Rousselin, avec les pièces justificatives : 1796 (p 30) : « Vers le même temps, Sergent, brouillon connu, nouvellement revenu de la Vendée pour grossir leur parti, disait hautement que les détenus, dont le nombre allait alors à plus de deux cents, n’étaient que l’avant-garde des aristocrates ; que le corps d’armée était encore entier dans telles et telles rues qu’il désignait ; quant il lui fallait que les maisons du Quartier-haut fussent évacuées pour recevoir tous les sans-culottes du Quartier-bas »

(pp 79-80) : "Extrait du registre de la Société populaire régénérée de Troyes, assemblée au lieu ordinaire, séance du dix-huit ventôses, sur la présidence du C. Péquereau

Le C. Bourdon fait part à la Société du projet de pétition à faire au district, à l’égard des personnes suspectes; a société , après en avoir entendu la lecture , Pa adopté ; un membre a demandé qu’il soit nommé une commission de douze membres , qui examinera toutes les conduites des personnes détenues , afin d*envoyer les plus criminelles au tribunal révolutionnaire et donner par-là plus aisance à ceux qui resteront , ou qui seront dans le cas d’y rentrer. La société a vivement applaudi à cette pétition, et a nommé sur le champ les citoyens Sergent, Pequéreau , Hadot , Thomas , Debarry , Bajot le jeune , Déan , Mullet, Truelle, Rambourg , Carette et Guérin ; et les a invités de vouloir bien se rendre au district primidi prochain , afin de prendre tous les renseignements possibles , tant sur les détenus actuels, que sur les jugements rendus par les assassins du peuple, en quatre-vingt-neuf aux Jobert et beaucoup d’autres. Pour copie conforme.

Parison Benoist, secrétaire »

https://archive.org/ [38] Ainsi le 26 mai, aux Jacobins, où il propose de rendre hommage « au brave Geoffroy » durant la fête de l'Être suprême est sèchement contré par Robespierre ; de plus le Mercure Universel du 28 mai indique « Rousselin accusé d’infidélité dans sa mission dans le département de l’Aube, a été renvoyé au comité de sûreté générale ! » [39] Albert Babeau, Histoire de Troyes pendant la Révolution, Volume 2 (p308) "ils font imprimer une Adresse de la Société populaire régénérée de Troyes… en réponse à la pétition de Robert et consors." S.L in-4e de 20 p du 20 [40] Mercure universel du 17 juin 1794, Retronews : « Un citoyen député de Troyes, fait lecture, à la tribune, d’une pétition dans laquelle il annonce que l’oppression contre les patriotes de cette commune est à l’ordre du jour : beaucoup d’individus, dit-il, que la société a cru devoir rejeter de son sein, mais soutenus par Rousselin, sont à la tête des oppresseurs. Leur faction existe depuis de six mois ; Danton, le perfide Danton l’appuyoit de tout son crédit liberticide. Rousselin est le premier auteur de tous nos maux, c’est, un intrigant qui a rempli les administrations et les sociétés populaires de ses créatures ; c’est lui qui leur a appris à discréditer le gouvernement révolutionnaire et à le mépriser. Je déclare que c’est lui qui a dicté les mesures oppressives sous lesquelles gémissent les patriotes : quarante citoyens depuis six mois, ont été arrachés à leurs familles, et plongés dans les fers, pour avoir eu le courage de le dénoncer lui et ses complices. Le croirez-vous, citoyens, malgré le tableau révoltant que je viens de vous présenter des procédés criminels de Rousselin, cet homme vient d’obtenir un certificat de bonne conduite de la société de Troyes ? L’orateur termine par la demande de deux défenseurs officieux. La société nomme deux commissaires pour accompagner le pétitionnaire au comité de salut public. »

L Morin, les distractions poétiques des suspects internés au grand séminaire de Troyes pendant la terreur , La Révolution dans l'Aube : bulletin d'histoire moderne et contemporaine / publié par la Société d'histoire départementale de la Révolution ; sous la direction de A. Boutillier du Retail, archiviste du département (p 120): « Un autre Guélon, connu sous le nom d’Augustin Guélon le jeune, a pris une part active au mouvement révolutionnaire à Troyes. C'était le propre frère de Pierre-Prosper, Augustin-Géraud Guélon, né le 22 octobre 1757 (Saint-Jean). Attaché aux idées républicaines, mais réprouvant les excès et les injustices, il s'était élevé avec fermeté, dans sa section, contre le régime terroriste, avait été arrêté, le 11 nivôse, par ordre du représentant Bô avec une quarantaine de ses collègues, et enfermé à l'ancienne Ecole militaire de Brienne. Revenu à Troyes, au Grand Séminaire, le 12 ventôse, il fut sur sa demande, le 25 prairial, transféré à Paris pour y faire des révélations au Comité de Sûreté générale. Mis en liberté provisoire grâce à l'influence de Garnier de l'Aube, il résuma et rassembla ses dépositions dans une Adresse d'Augustin Guélon le jeune, aux Membres composant le Comité de Salut public de la Convention nationale (Ce document, appuyé par les efforts actifs de son auteur et d'un autre sectionnaire nommé Robert, qui l'accompagnait, amena l'arrestation de Rousselin et de quinze de ses adhérents et leur comparution devant le Tribunal révolutionnaire (2 thermidor). Mais celui-ci les acquitta et par contre, sur le réquisitoire de Fouquier-Tinville, ordonna l'arrestation d'Augustin Guélon, qui fut conduit à la Conciergerie en attendant d'être jugé à son tour. La chute de Robespierre, survenue quelques jours après, le sauva de la mort qui le guettait (…)https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6569152x [41] Le Républicain du 31 mai 1794, Retronews « Jacobins de Paris la dernière séance se termine par une dénonciation contre Rousselin. À la suite de faits graves portés contre lui, il fut rayé et apporté au Comité de salut public » Feuille de la République du 16 juin 1794 Retronew [42] Actes du Comité du Salut public du 15 juillet 1794 : « 1 4 Le Comité de salut public arrête que Rousselin est renvoyé au Tribunal révolutionnaire pour y être jugé avec ses complices, et que le citoyen Auguste Guélon remettra, à cet effet, sur-le-champ, à l’accusateur public les pièces et dénonciations qu’il a présentées au Comité, et lui donnera verbalement tous les autres renseignements qui sont à sa connaissance. COUTHON, BILLAUD-VARENNE, COLLOT-D’HERBOIS, B. BARÈRE, CARNOT » https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6216336g « Plusieurs des personnes du parti des sectionnaires ne refusent pas du patriotisme à la majeure partie des dénoncés, mais elles leur imputent de s’être montrées trop chauds et de n’avoir écouté que leurs ambitions. Quant à moi, il m’a paru que les dénoncée pouvaient avoir quelques légèretés, quelques conséquences à se reprocher, mais en général, les hommes de ce parti sont des sans-culottes. Je les ai trouvés simples et droits et empressés à mettre leur conduite à découvert, lorsque je leur ai demandé des renseignements. Les homes de ce parti sont peu instruits, et le défaut de lumières a pu souvent contribuer à leur faire commettre des bévues. Ils se sont fortement attachés à Rousselin, ils ont fait avec lui plusieurs repas ; ils ont envoyé à la Société des Jacobins une adresse apologétique de sa conduite ; mais je doute qu’à cause de la confiance qu’ils ont témoignée à ce commissaire civil on puisse raisonnablement accuser leurs intentions. » F.A Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire. T. 16. 10 août 1794-20 septembre 1794 (23 thermidor an II-4e jour sans-culottides an II) (pp129-133) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49278f « treize de ces individus ont été arrêtés par ordre du Comité de sûreté générale du 8 de ce mois, et trois autres aussi de la Société populaire, et qui sont : Dehau, administrateur du district, Bourdon, ex prêtre, et Lefèvre, dit l’Américain, viennent pareillement d’être arrêtés par ordre du Comite de sûreté générale » [43] Histoire du terrorisme exercé à Troyes : par Alexandre Rousselin et son comité révolutionnaire, pendant la tyrannie de l’ancien Comité de salut public ; suivie de la réfutation du rapport de la mission dudit Rousselin, avec les pièces justificatives : 1796 (p:36) "dans l’intervalle, un acte de juste sévérité rassura tous les amis de l’humanité qui, à Troyes, attendait de bonne foi, un remède à leurs maux. Le comité de sûreté générale, sur des dénonciations particulières appuyées par Garnier de l’Aube, fit saisir et traduire à Paris, les nommés Rondot fils, Hadot, Thomas, Debarry, Forgeot, Sergent Rides, Rambourg fils, Meunier, Bajot, ex-prêtre, Garnier l’imprimeur et Baucheron 1 (1) huit jours après, Bourdon l’ex prêtre, Febvre L’américain et Désu fils, les suivirent. » [44] Dossier du tribunal révolutionnaire (1793 — An III) Papiers de l’Accusateur public Fouquier-Tinville — W 150-1313. — N. Sergent, commissaire national près le tribunal du district de Troyes, détenu à la Conciergerie, aux membres du Comité de salut public, 7 thermidor. /Papiers de l’accusateur public — W 111 à 154/101-102. — Sergent, commissaire national près le tribunal du district de Troyes, détenu à la Conciergerie, 2 messidor et 3 thermidor. — 103.détenu à la Conciergerie, aux membres du Comité de salut public, 7 thermidor W 153, dossier 2 — — 101-102. — Sergent, commissaire national près le tribunal du district de Troyes, détenu à la Conciergerie, 2 messidor et 3 thermidor. »

http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/fonds/edi/sm/sm_pdf/w111_154.pdf [45] Albert Babeau, Histoire de Troyes pendant la révolution, t2 Op.cit.; (p 314) « Le 20 juillet (2 thermidor), Rousselin et ses adhérents, au nombre de quinze, comparurent devant le tribunal révolutionnaire. Gachez, déjà poursuivi pour faux, et Sergent ; également cités, étaient absents. » [46] Histoire du terrorisme exercé à Troyes : par Alexandre Rousselin et son comité révolutionnaire, pendant la tyrannie de l’ancien Comité de salut public ; suivie de la réfutation du rapport de la mission dudit Rousselin, avec les pièces justificatives [47] Feuille de la République du 22 juillet 1794 Retronews : « Alexandre Rousselin. 23 ans, né à Paris, chargé de commission par le comité de salut public et le conseil exécutif, commissaire national près la commune de Troyes, rédacteur de la Feuille de salut public. L-J Rondeau, 27 ans, orfèvre et agent national de Troyes. –B. Hadot, 34 ans, épicier, greffier près le tribunal de commerce de Troyes J L Lefèvre, 61 ans, officier municipal de Troyes. – F. A. Thomas, 25 ans, administrateur du département de l’Aube. – A. Péquereau, 33 ans, tisserand et administrateur du département de l’Aube. – A. Beaucherond, 34 ans, fabricant de toiles, membre du district de Troyes, adjoint au comité central évolutionnaire. –L. Déhant, confiseur membre du district de Troyes — J. A. S. Garnier, 24 ans, Imprimeur et membre du directoire du département de l’aube, adjoint au comité central révolutionnaire — p. Bajot, 44 ans, ex-prêtre, et instituteur à Troyes.-J. Ride, 26 ans, né à Russé-Haut, ex-mathurin, employé dans les bureaux de l’administration.-J. B. Bourdon, 26 ans, ex-prêtre, ex-juge. – L. Debarry, 43 ans, instituteur à Troyes. A. N. Aubin Rarnbourg fils, 17 ans, né à Veyre, Étudiant. – H. Forgeot, 37 ans, juge de paix de la commune de Troyes, membre du comité central révolutionnaire. –T. L. Meunier, 3 S ans, né à Neuville, tisserand capitaine de la garde soldée de Troyes. Accusés d’avoir abusé de leurs pouvoirs pour vexer les citoyens, etc., ont été acquittés et mis en liberté. A. Guelon ; marchand de toiles à Troyes, prévenu de fausses dépositions dans cette affaire, a été conduit à la conciergerie pour être statué à son égard ce que de droit » [48] Michel Eude, Maure ou Pottofeux, Annales historiques de la Révolution française, n° 185, 1966. pp. 413-419. DOI : https://doi.org/10.3406/ahrf.1966.4499. Michel Eude y indique qu’il s’agit de Pottefeux et non de Maure comme l’avait présumé Aulard dans Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du Conseil exécutif provisoire. T. 16. 10 août 1794-20 septembre 1794 (23 thermidor an II-4e jour sans-culottides an II) (pp129-133) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49278f [49] F.A Aulard Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 18 séance du i8 novembre 1794 (p 18) :"19. « La Commission [du commerce et des approvisionnements], considérant que l'Agence des subsistances générales n'est pas composée du nombre de membres fixé par son organisation, que ce nombre, qu'on a pu juger inutile au moment de la récolte, devient indispensable dans ce moment où les travaux exigent une application et des veilles auxquelles succomberaient bientôt, s'ils n'étaient secondés, les agents actuels, dont quelques-uns même sont par la maladie hors d'état de travailler en ce moment ; sur les témoignages rendus au zèle et à la capacité du citoyen Sergent, ci-devant procureur-général-syndic du département de la Haute-Marne , le nomme l'un des agents des subsistances générales; arrête que le présent sera soumis à l'approbation du Comité de salut public. Pour expédition, les commissaires : JOUENNEAULT, J. PICQUET, LESGUILLIER. v — Vu et approuvé par le Comité de salut public, le 18 brumaire an III de la République française une et indivisible.

Charles Cochon"https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6530870n Lors de la vente aux enchères Alde du mercredi 16 juin 2010 , “Lettres & Manuscrits autographes — Collection d’un amateur sur la Révolution et l’Empire — et autographes divers ", il fut vendu (lot 241) une vignette de Commission du Commerce datant du 22 brumaire III (12 novembre 1794) avec en en-tête une grande vignette gravée de Tilliard . Il y était indiqué sur ce document :"Le citoyen Nicolas Anne Gabriel Sergent est nommé membre de l’agence des subsistances générales." https://www.rossini.fr/lot/7674/1490027?offset=200& [50] Abbé Étienne Georges, de Troyes, La réaction thermidorienne à Troyes De novembre 1794 à mars 1795 notice anecdotique d’après les Éphémérides inédites d’un Témoin, Annuaire administratif et statistique du département de l’Aube. 1898. Un certain citoyen J.-B. Gomparot commença à rédiger des Éphémérides à partir du 27 novembre 1794. Ecrits qui sont fort utile pour connaître les évènements de cette période à Troyes, ainsi le 13 février 1795 « Chaperon, surnommé Petit-Sabre, est dépouillé de son emploi d’huissier de la municipalité. Ce Chaperon avait été député avec Carette pour défendre à la Convention et au Comité de salut public les Meusnier, Hadot, Bourdon, etc. On dit que le citoyen et la citoyenne Thezenas-Delaporte, négociant, ancien officier municipal, sont ou seront incessamment aux Cordeliers ». [51] Abbé Étienne Georges, de Troyes, La réaction thermidorienne à Troyes De novembre 1794 à mars 1795 notice anecdotique d’après les Éphémérides inédites d’un Témoin. Ibid. Le 12 février 1795 : « On assure que Sergent, qui avait une place de deux mille écus dans la Trésorerie nationale, et Hadot, qui était secrétaire de l’ancien Comité révolutionnaire général de Paris sont dépossédés de ces deux places. »

Igor Moullier, Une recomposition administrative : le bureau des subsistances, de l’Ancien Régime à la fin du Premier Empire , Annales historiques de la Révolution française, 352 | avril-juin 2008, mis en ligne le 01 juin 2011, http://journals.openedition.org/ahrf/11124 : "Le 17 nivôse an III, la commission du commerce et des approvisionnements est supprimée et remplacée par la commission des approvisionnements, chargée de l’approvisionnement de Paris et des armées et formée de 3 agences : subsistances générales, habillements, achats. Elle est supprimée à son tour le 15 fructidor an III, car suspectée de mauvaise gestion. L’approvisionnement des armées retourne à l’administration militaire. Seule l’agence chargée des approvisionnements de Paris est maintenue. Pour assurer provisoirement le retour à la normale, un « directeur des subsistances de l’intérieur près le Comité de Salut public », Devèze, est nommé, jusqu’au rétablissement du Ministère de l’Intérieur." [52] Le Républicain français du 5 février 1795 Retronews [53] Albert Babeau, Histoire de Troyes pendant la Révolution, Volume 2. Op.cit. [54] Abbé Étienne Georges, de Troyes, La réaction thermidorienne à Troyes De novembre 1794 à mars 1795 notice anecdotique d’après les Éphémérides inédites d’un Témoin. Ibid. [55] Le Républicain français du 12 juillet 1795 Retronew [56] Albert Babeau, Histoire de Troyes pendant la Révolution, Volume 2O Op.cit. [57] Albert Babeau, Histoire de Troyes pendant la Révolution, Volume 2 Ibid : « On sait le rôle qu’avait joué Bouillé pendant la Terreur ; on se rappelle de quelle manière il avait rempli à Bar-sur-Aube la mission que Rousselin lui avait confiée. Plus récemment, à la fin de septembre 1795, il avait fondé avec Sergent, Benoît Chaperon et d’autres hommes appartenant au même parti, un cercle, situé dans une des salles du collège, sous le prétexte d’y lire les journaux et papiers-nouvelles ». [58] Archives nationales — Minutes et répertoires du notaire Athanase Marie Lemoine Répertoire. 1835, 15 avril - 1840, 2 janvier MC/RE/CX/15 : 2 décembre 1837 Inventaire après décès : Sergent, Nicolas-Anne-Gabriel. Quincampoix (rue), n° 59. Toutefois, aucune trace de ce décès n'a été trouvée dans l’état civil reconstitué.

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